LES PORTRAITS DE LUTHER
Ce sont ces portraits que nous reproduisons ici. Toutefois, dans la brochure de Preuss, Les portraits de Luther, certains d'entre eux nous ont paru mieux venus 1. En outre, à la gravure de i523, qui dans Denifle porte le n° II, nous en avons substitué une autre, de deux années antérieures; elle est de la même inspiration, mais, de l'avis de tous, elle est plus expressive ; elle est même (( le plus beau et le plus vivant portrait que Cranach nous ait donné de Luther 2)). Que ce soit celle qui parle le plus en sa faveur, il serait sans doute plus téméraire de l'affirmer : le pli des sourcils, les ailes du nez, la coupe des lèvres, tout semble y indiquer non pas tant l'énergie qu'un orgueil et un entêtement qui n'ont rien de très religieux. Il est vrai que c'est Luther en i52i,au moment où déjà condamné par le pape il va partir pour comparaître devant la diète de Worms ; mais ce nest pas avec ce port agressif que l'on s'imagine Jésus-Christ pendant sa Passion.
Dans une petite biographie de Luther, œuvre de vulgarisation, mais de vues très personnelles, Bœhmer dit qu'aucun des portraits de Luther ne nous donne sa véritable physionomie, et notamment, « ces yeuXj démoniaques, qui lançaient des éclairs et scintillaienl
1. Hans Preuss, Lutherbildnisse (Leipzig, igis)^, n** 2, 11, i^, i5 ;J ci-après, n" i, 3, G, 7.
2. Ed. Flechsig, Cranachstudien, I (1900), p. 55 ; voir aussi Hans Preuss, p. 8; dans cette brochure, elle est au n» 6.
Nous tfavons pas osé faire dans cette coUeclion de portraits de remaniements plus profonds. Ceux qui voudront des renseignements plus complets pourront consulter Bôhmer et Preuss, ainsi que lei| sources qu'ils indiquent.