LE SECOTÎÏD EXEMPLAIRE DE LONDRES
Wittenberg ^ ; mêmes dimensions, à la différence çà et \k de quelques millimètres en moins ; mêmes poses des j>ersonnages. Toutefois, une étude attentive y fait découvrir deux ou trois différences : d'une manière générale, les traits sont moins fins, et quelques-uns. un peu usés ; puis il y a quelques détails qui ne sont pas seiïiblables : dans la scène où Clément IV tranche la tête à Conradin, par exemple, la tiare du pape est surmontée d'une sorte de tête de diable qui lance des rayons ; ici, ces rayons sont plus uniformes que dans les trois autres exemplaires.
Les inscriptions qui sont à l'intérieur de deux de ces gravures offrent le même aspect général que dans les autres exemplaires. Par contre, celles qui sont en haut et en bas de chacune d'elles sont en caractères beaucoup plus ténus, mais fort nets d'ailleurs et d'une lecture facile 2.
le prouve aussi, c'est que, dit-il, elles sont sur une même feuille. Or dans l'exemplaire de Wittenberg, il en est ainsi : les mêmes gravures, c'est-à-dire la 9° et la io% ainsi, du reste, que les gravures I et 2 (Ortus, Monstrum), 5 et 7 (Papa agit gratias... Digna merces), sont sans doute séparées par des marges ; mais elles ont été tirées deux à deux sur la même grande feuille.
1. Comme je l'ai dit plus haut (p. 122, n. k), cette collection est identique à celle qui a été décrite dans VAnzeiger en 1799, identique aussi à l'exemplaire que Wendeler appelle une copie de i5/i5.
2. Ici encore, les inscriptions contiennent des variantes, dont quelques-unes sont même plus importantes que celles qui existent entre les autres exemplaires.
Gravure IV, 2' vers :
Und bis nicht so zorniger man, pour sey. Mais his est une seconde forme de l'impératif, fort employée à partir du xtii" siècle.
Même gravure, dans la planche elle-même : Ecco qui Papae mio belvédère. C'est là non seulement une variante, mais ime véritable faute : l'imprimeur allemand ne savait sans doute pas
256 l'image de la papauté
Cet exemplaire n'a aucune coloration : des quatre que j'ai examinés, c'est celui dont les gravures présentent de beaucoup l'aspect le plus net, le plus agréable à l'œil.
En outre, à la différence des trois autres, il présente l'aspect d'un opuscule qui a de l'unité ; il a un titre ; les gravures y sont imprimées des deux côtés de chaque feuille i. Et c'est ici qu'elles sont distribuées dans l'ordre le plus logique: on commence par la naissance du pape, pour terminer par sa mort. La troisième, il est vrai, où des diables descendent le pape dans l'enfer, serait mieux au dernier rang ; la place de cette gravure, ainsi que de la précédente, le monstre trouvé à Rome en 1496, vient sans doute de ce que c'étaient là deux sujets qui avaient déjà été traités, et auxquels, par une sorte d'obsession, l'on continuait de penser dès l'abord.
l'italien. La vraie leçon est évicleniment celle des trois autres exemplaires : Ecco qui Papa el mio belvédère.
Gravure IX, 3* vers :
Ihr lesterung verdienet hett : votre habitude de la diffamation aurait mérité ;
pour Icsterzung : votre mauvaise langue. Dans les deux cas, du reste, le sens est absolument identique.
Dans notre exemplaire, la signature et la date sont partout uniformes et sur la même ligne : (( Mart. Luth. D. i5A5. » Au contraire, dans les trois autres exemplaires de Halle, de Wittenberg et de Londres, ainsi du reste que dans celui de Worms, la date ne se trouve pas sur toutes les gravures ; quand elle y est, les chiffres sont en général espacés : i5 Zi5 ; ou i . 5 . 4 5, et placés une ligne au-dessous de « Mart. Luth. D. ».
I. L'opuscule a six feuilles : f i : le titre; — ff"' 2, 3, /|, 5 : les huit premières gravures, au r° et au v' ; — f "" 6 ; la neuvième, gravure. (Rectifier en ce sens ce que ci-dessus, p. 122-123, on lit du 9 renversé).