‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 158 sur 278 · LE PREMIER EXEMPLAIRE DE LONDRES · texte numérisé non relu

LE PREMIER EXEMPLAIRE DE LONDRES

Quelle est la valeur de cette seconde collection P

couvrir de la dépouille des animaux qu'ils avaient abattus. Au bas de la poitrine, ce trophée se termine par une tête humaine. Peut-être : « Le pape est recouvert des dépouilles de l'humanité. »

Le pape a des cornes de bouc, des griffes de vautour et de longues dents de morse ; le nez se termine aussi par deux énormes défenses. La main ou plutôt la griffe droite se lève menaçante ; de la gauche, il tient une fourche aux dents recourbées, à laquelle pend une corde, sans doute pour les pendai- .sons.

En haut, en gros caractères : « Ego sum papa. » (i5/i mm.

Voir cette caricature dans Ed. Fuchs, Die Karikatur, I, 3' éd. 190/i, n" 63.

Une longue inscription donne l'explication de cette gravure quand il était cardinal, Alexandre VI s'était donné au diable afin de devenir pape, ce qui arriva en effet. Au bout de onze ans de pontificat, dans une maladie, il envoya son plus fidèle domestique dans une chambre, pour y chercher un livre de sortilèges. Mais le domestique y trouva le diable, en habits pontificaux ! Le diable lui dit : « Ego papa sum. » Puis il vint dans la chambre où était le i)ape et discuta avec lui sur la durée du pontificat qu'il lui avait promis ; peu après, Alexandre mourut.

La description se termine par les récits ordinaires sur Lucrèce Borgia.

3'-/i* gravure?. Sur la même feuille sont représentés côte à côte le pape monté sur une frute (ci-dessus, p. 182, n° VII) et le pape jouant de la cornemuse (ci-dessus, p. i3^,n'' VIIÏ. — 21 centim. X i4 ; ce sont les mêmes dimensions que dans l'exemplaire de Wittenberg ; il en est ainsi pour les suivantes.)

Dans l'exemplaire de Wittenberg, ces deux gravures sont accolées de la même manière. A Halle, elles sont séparées, mais on se rend compte qu'elles l'ont été après coup. Dans les reproductions qui suivent, les deux parties du pilier subsistent aussi, mais la coupure a été opérée sur la planche elle-même, par le graveur.

5" gravure. A terre, à droite, des diables sont occupés à piler dans un baquet des prêtres et des moines ; en haut, d'autres diables apportent d'autres moines, soit séparément, soit dans un second baquet : on dirait une scène de vendanges. Au bas, à gau-

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Les gravures sont semblabies à celles de Halle et de

che, deux diables soufflent dans la bouche d'un énorme pape vêtu de la tiare et d'une feuille de vigne : comme l'expliquent les vers ajoutés à la gravure, c'est la création du pape : il vient d'une mixture « de moines, de prêtres et de nonnes. » En haut : « Vom ursprung und herkunfît des Antichristi. De l'origine et de la race de l'Antéchrist. » (286 mm. X 180).

6' gravure. L'Ane-Pape. (Ci-dessus, p. 125, n" I. — ll^ 1/2 X 10 1/2).

7' gravure. Le pape et les cardinaux pendus. (Ci-dessus, p. i3o, n" V. — i4 1/3 X 10 1/2).

8° gravure. La tiare renversée. (Ci-dessus, p. 129, n* IV. — i4 1/2 X 10 1/2).

9' gravure. Le pape met le pied sur la tête de l'empereur. (Cidessus, p. t56. — 10 X 10,8).

10' gravvire. L'enfantement du pape. (Ci-dessus, p. i35, n" IX. — i.'i 1/2 X 10 1/2).

II* gravure. Clément IV et Conradin. (Ci-dessus, p. i3i, n" VI. — i4 1/2 X 10 1/2).

12' gravure. La descente du pape dans les enfers. (Ci-dessus, p. 12O, n" II. — 12,8 X II 1/2).

1 3° gravure. L'origine des moines. Trois diables sont «ut une sorte de portique de gymnase ; du derrière de celui qui est au milieu sort un cordelier tout habillé, avec d'autres substances en même temps ; les deux autres diables regardent la scène avec un ravissement burlesque. En bas, une troupe de moines, déjà mis au monde de la même manière. En haut : « Woher die Mûnchen kommen seien ; D'où les moines sont sortis. » (26 cent. X 181). — Des vers satiriques expliquent la gravure. — En voyant cette gravure, on se prend à regretter celles de V Image de la Papauté, où il y a du moins le gros esprit de Luther, et sinon l'art de Granach lui-même, du moins celui de son atelier.

lit' gravure. La réponse aux excommunications du pape. (Cidessus, p. 12G, n' III. — i!i 1/2 X 10 1/2).

Si l'on ne compte la 3" et la k" gravures que pour une seule, on n'arrive qu'au chiffre de treize, qu'indique le catalogue du British Mus^eum.

Ces gravuresj ainsi par conséquent que celles de Halle et de Wittenberg, ont tous les caractères des deux que Schuchardt a vues à Cobourg : r excommunication et la tiare renversée {ouv. cité; II, p. 255). Dès lors, contrairement à ce qu'il dit, ces deux gra vures ne doivent pas être des copies, mais des originaux. Ce qui

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