‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 163 sur 278 · UTILITÉ DE LA PRÉSENTE REPRODUCTION · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE LA PRÉSENTE REPRODUCTION

L'obscurité presque complète où ces gravures sont restées jusqu'ici a vraiment quelque chose d'extraordinaire. Qu'on prenne les ouvrages qui s'occupent de Luther ou de Granach ; dans tous ceux qui ont des illustrations, et ils sont nombreux, on trouvera quelques scènes du Passionnaire du Christ et de l'Antéchrist, ou le veau-moine, ou quelques gravures de ce genre ; de l'Image de la Papauté, c'est à peine si çà et là on en rencontre une ou deux, prises de copies généralement lointaines. Dans plusieurs productions, on se garde même avec soin d'utiliser ce peu que l'on en connaissait jusqu'à présent : pour employer un mot cher à nos voisins, on garde sur elles un silence colossal. En 1908, par exemple, Worringer et Heyck font paraître chacun une monographie de Granach 1. A la page 107, Worringer dit : « Longtemps avant la Réforme règne dans les scènes religieuses de Granach l'esprit de la piété protestante... La gravité protestante règne aussi dans la série des gravures sur la passion de Jésus-Ghrist. » Il est vrai qu'ensuite, Worringer nous dit que Luther a beaucoup nui à Granach et au protestantisme ; pour lui, le protestantisme, c'est la nature sérieuse des peuples du Nord.

à avoir reproduit quelque chose de ce pamphlet d'après l'un des exemplaires complets que nous en possédons.

Mais c'est la première fois depuis 1617 (ou tout au moins depuis le xviii' siècle : Wendeler, art. cité, 1886, p. 38, et ci-dessus, p. 2/17, le catalogue du British Muséum), que l'on reproduit le titre et les quatre autres gravures. Gomme on peut le voir, ce sont en général les plus caractéristiques.

ï. Wilhelm Worringer, Liikas Cranach (Munich, 1908) ; voir p. 57, et n"" a5, 45, 46, 94,95 des reproductions ; Ed. Heyck, Lukas Craaac/i (Bielefeld et Leipzig, 1908).

262 l'image de la papauté

Encore vingt ans, en effet, et je ne serais pas étonné de voir les protestants allemands s'exclamer en chœur qu'ils n'ont rien à voir avec Luther, et déplorer son influence sur le protestantisme !

Quoi qu'il en soit, dans la suite, notre auteur parle des gravures du Passionnaire, et de celles de la Bible de Luther. Mais ni chez lui, ni chez Heyck on ne saurait trouver un traître mot de l'Image de la Papauté.

C'était sans doute que ne l'ayant jamais eue intégralement sous les yeux, ils craignaient de n'en pas parler assez pertinemment.

Eh bien ! la voici aujourd'hui en entier, cette fameuse Image, et par là voici une profonde lacune de comblée dans la biographie de Luther. Voici « son testament », ainsi donc le résumé, la quintessence des préoccupations de sa vie, quelque chose comme les discours de Jésus-Christ dans saint Jean après la dernière Cène ! La voici en entier, la première fois depuis 161 7 ; la voici telle qu'en i545 l'admiraient Luther et ses amis, tandis que, dans un coin de la salle, le délicat Mélanchthon se lamentait sans doute sur l'incurable (( légèreté » du Réformateurr.

Cette publication fera le pendant de la reproduction qu'en i885 Kawerau a donnée du Passionnaire du Christ et de l'Antéchrist^.

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