‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 162 sur 278 · Ouv. cité. II · texte numérisé non relu

Ouv. cité. II

LES DEUX ÉDITIONS DE l' (( IMAGE DE LA PAPAUTÉ )) 269

deux personnages sont également remarquables. Cette gravure a donc été faite à part ; c'est peut-être la raison pour laquelle on ne l'a pas comprise dans cette seconde édition. Peut-être alors n'avait-elle même pas encore vu le jour.

La reproduction que l'on trouve ci-après est donc prise du premier exemplaire de Londres.

Voilà le fruit de mes comparaisons dans la vieille maison de Luther le matin du i4 juin dernier. Après cette fructueuse matinée, j'allais déjeûner à 1' « Hôtel de l'Empereur » sous la surveillance d'un portrait du prince héritier, dont les yeux regardaient de tous les côtés dans la salle, ce que mes voisins trouvaient « délicieux ».

L'après-midi, je visitais la maison de Mélanchthon, l'église paroissiale, devenue le principal temple de Wittenberg, et où par parenthèse la personne qui me conduisait me montra des confessionaux protestants ; il y a ici de vieilles gens, me dit-elle, qui se rappellent encore s'y être confessés. Ce sont des espèces d'armoires où, si j'ai bien compris, entraient trois ou quatre personnes à la fois, toute une famille, pour y faire une confession collective.

Je terminais ma visite de la ville par la fameuse chapelle du château à la porte de laquelle, en 1617, Luther afficha ses quatre-vingt-quinze thèses, et dans laquelle il est enterré.

26o l'image de la papauté

Retourné en France, je m'occupais de corriger les épreuves du commencement de ce volume, et de faire reproduire les gravures que je venais d'identifier avec tant de bonheur. A l'origine, je n'avais pas l'intention de les publier. Mais puisqu'elles sont si précieuses, puisque les bibliothèques protestantes de l'Allemagne les gardent comme au haut d'inaccessibles donjons, que les membres des commissions préposées à ces bibliothèques se changent en duègnes farouches veillant nuit et jour sur la vertu de leurs livres, j'ai estimé qu'il y aurait de l'égoïsme à vouloir enfouir un document de cette importante dans un tiroir de ma bibliothèque i.

1. De ces gravures, six ont déjà été çà et là reproduites : l'âne pape et le pape porté en enfer, parce qu'on les trouvait aussi dans d'autres œuvres de Luther ; le pape monté sur une truie et la pendaison du pape avec trois cardinaux : dans Drew^s, Der evangelische Geistliche, 1906, p. 8, 16 ; il a tiré la première d'une collection de Potsdam, et la seconde du cabinet des estampes de Berlin ; mais cette seconde gravure est une reproduction postérieure, vraisemblablement de la seconde moitié du xvi" siècle, et elle offre quelques détails qui diffèrent des exemplaires originaux, notamment dans la position et même le sexe des diables. Dans J. Scheible, Das Schaltjahr, 11, 1846, p. laS. il y a une mauvaise reproduction du pape monté sur une truie; elle a été faite d'imagination, d'après les indications de Sleidan, dans l'intention de montrer la vulgarité de Luther. De même dans Audin, Luther, in-8, 1845, II, 897 : le pape porté en enfer. Enfin Fuchsa reproduit VOrtus et Origo Papse, en notant que c'était sous l'influence de Luther que Granach l'avait dessinée {Die Karikatur, 1904, p. 65, 72), et, mais en très petit, le pape jouant de la cornemuse (p. 60, n° 63). La reproduction de la caricature contre Alexandre VI (ci-dessus, p. 26 1) et l'aspect général de celles-ci portent à croire que c'est dans ce premier exemplaire de Londres que Fuchs les a prises ; toutefois, s'il en est ainsi, la photographie de VOrtus et Origo Papœ a été retouchée : la gravure de Londres est moins uniformément noire, etc. Si Fuchs a pris ces gravures à Londres, il est le seul, semble-t-il.

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