Pour les papes, voir ci-après, p. /|8, n. i
l4 LES PRINCIPES
ne veut pas croire : son Dieu ne fait pas de miracles qui puissent modifier cet ordre qu'il a tiré du néant 1. Les envoyés de Dieu sont exclus du monde rationaliste qui n'a que ses surhommes.
Par contre, catholiques et protestants croyants doivent également accepter ce que nous avons dit des préliminaires de la foi. Pour les protestants croyants, eux aussi, il n'y a pas de foi chrétienne sans miracles, pas de divinité du Christ sans signes. Pour eux aussi, l'homme qui réclame la foi au nom de Dieu doit prouver sa mission par une vie de sainteté et par des signes miraculeux.
Venons-en maintenant au cas qui nous occupe- Nous sommes parfaitement d'accord avec Luther sur les conditions préliminaires d'une foi raisonnable ; du reste, ce sont les idées mêmes du fondateur du christianisme.
Jésus-Christ nous a apporté les vérités du christianisme et il a exigé notre foi à ces vérités. 11 a annoncé au monde l'heureux message ; il pouvait le faire, car il était vraiment l'envoyé de Dieu, il était l'Homme- Dieu. Sa vie montra un Dieu incarné : u Qui de vous, demande-t-il à ses ennemis, me convaincra de péché 2 P )) Ceux-là mêmes qui le livrèrent à la mort disaient qu'il était juste ^. En lui, rien d'impur ; dans ses paroles et dans ses œuvres tout était saint et
1. Pas de foi sans miracles; mais aussi, pouvons-nous ajouter, pas de vraie notion de Dieu sans la possibilité du miracle.