‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 243 sur 278 · LES LOIS DU PROGRÈS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LES LOIS DU PROGRÈS RELIGIEUX

tout contenu religieux, et de forcer l'art luthérien à rétrograder ? Etait-ce un progrès que de dépeupler le ciel par sa campagne contre le culte des saints, que de priver le culte religieux de son centre et de son couronnement en réduisant le nombre et la signification des sacrements, en supprimant le sacrifice de la messe, que de frayer le chemin au rationalisme et au naturalisme en restreignant le surnaturel et l'influence de Dieu? Non, tout cela n'était qu'un formidable recul sur les points les plus essentiels de la religion ; et la prétendue accentuation de l'union directe avec le Christ, dont Harnack fait gloire au Réformateur, cette foi ou confiance planant sur la corruption de notre nature était une triste compensation pour tant d'avantages perdus ; elle ne pouvait remplacer la justification réelle d'autrefois.

Sur ce troisième point, Harnack n'a pas su, comme sur les deux premiers, s'élever jusqu'à une pleine liberté d'esprit ; il s'en écarte davantage encore lorsqu'il écrit : « En tant que religion, l'église (de Luther) offrait avant tout une immense réduction, une simplification libératrice. Cette réduction ne signifiait rien moins que le rétablissement de la religion : chercher et trouver Dieu ». (( La religion chrétienne est la vivante confiance au Dieu vivant, qui s'est révélé en Jésus-Christ et qui nous a ouvert son cœur ». Mais jusqu'à Luther est-ce que tout cela n'avait pas été professé et pratiqué d'une manière beaucoup plus vraie dans l'Eglise catholique ? Non ; car Luther a arraché la religion « à un vaste système de pénitences, de pratiques et de consolations, de règles sévères et de fragments incertains de grâce,

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