I. Ibid
•-1. Theologische Literaturzeitung, igoS, n° 26, col. 690. (C'est l'article de Harnack sur mon ouvrage). Mais l'affirmation ellemême n'est pas exacte. Car est-ce que pour Harnack les biographes de Luther ne seraient pas « des savants protestants » ? H est inexact aussi que les savants protestants aient été en partie les premiers à révéler ces u ombres ». Les premiers qui aient dévoilé les « ombres » de Luther dans sa doctrine et dans sa vie, ce furent ses contemporains catholiques.
de Harnack. Or, je pose ici ma troisième question : alors même que l'on ne veut faire que de l'histoire^ alors même qu^ l'on applique à Luther la mesure purement relative des éclectiques, comment doit-on apprécier son principe religieux comparé à celui de l'Eglise du moyen âge ?
Etait-ce un progrès que d'écarter de la vie religieuse l'amour de Dieu et les bonnes œuvres, et de n'y laisser que le cadavre de la foi passive ? Etait-ce un progrès que d'anéantir la règle objective de la foi, et par là tout ce qui peut donner à la vie de la foi son unité, que d'abandonner à elle-même l'âme croyante, de la jeter sans boussole sur la mer sans rivages de l'exaltation et du sentimentalisme religieux, où la raison et la volonté n'ont plus d'action pondératrice ? Etait-ce un progrès que cette théorie de l'Eglise invisible qui brisait tout lien extérieur entre les chrétiens, qui atomisait pour ainsi dire la religion du genre humain et la limitait au monde intérieur de chaque individu, qui comprimait les manifestations extérieures, qui de la religion et du culte excluait le côté social, pour ne voir partout qu'une juxtaposition d'individus s'élevant vers Dieu ? Etait-ce un progrès que d'exclure les forces matérielles, la nature tout entière, vivante et morte, de cette participation au culte qui la fait servir à la gloire du Créateur, que de déclarer la guerre aux moyens de culte qui tombent sous les sens, que d'enlever ainsi à l'homme une aide pour s'élever vers Dieu, finalement, que de poser les principes qui en sont arrivés à faire du service-] divin chez les protestants une prédication vide de