ACRIMONIE DE HARNACK
testants très sérieux. Je ne parlerai donc que du contenu de l'article,
Malheureusement, il se réduit à peu près à néant. J'espérais voir Harnack prendre position à l'endroit de mes conclusions sur Luther. Mon attente a été complètement déçue. L'ouvrage ne manque pas de science, dit-il, « mais dans les questions capitales, cette science n'y joue qu'un rôle très secondaire ; de faits nouveaux et importants, je n'en ai pas trouvé ». Harnack aurait-il donc simplement feuilleté mon ouvrage, se bornant à examiner de près les passages où il est nommé ? Ou bien se sentait-il incapable de réfuter mes principales conclusions, qui contiennent précisément des « faits nouveaux » ? Ce qui ferait pencher vers cette dernière supposition, c'est le jugement fielleux qu'il porte sur l'ensemble de mon travail : « L'auteur a écrit son livre pour jeter le déshonneur sur Luther : cet ouvrage est si tendancieux et si vulgaire, il va contre la vérité avec un tel parti pris qu'à notre époque les plumitifs du plus bas étage n'ont rien inventé de pareil ». Avec ce jugement qu'il a même pris soin d'écrire en italiques, n'a-t-il donc pas senti qu'il se plaçait luimême au nombre de « ces plumitifs de bas étage », qui sans même avoir vu mon livre, et à plus forte raison sans ravoir lu, ont poursuivi dans la presse protestante l'auteur et l'œuvre, les couvrant tous deux des injures et des calomnies les plus vulgaires ?
Pour montrer le bien fondé de son appréciation, Harnack s'attaque-t-il du moins à quelqu'une de mes conclusions les plus importantes ? Pas le moins du monde. Il cite une demi-page^ de réflexions, que j'avais rattachées à
I. Page 121. — [Denifle l'a supprimée dans la seconde édition ; elle terminait ce qui est maintenant le S 6 du chap. VI de la r* partie. Traduction, t. I, p. 19G. Voir le passage de Harnack, ci-dessus, t. I, p. ig^t, t. Il, p. 325, 869].