‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 247 sur 278 · LA CRITIQUE DE IIARNACK I BAGATELLES · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE DE IIARNACK I BAGATELLES

ce passage de son Histoire des Dogmes : « La foi vivante en un Dieu qui, par le Christ, crie à la pauvre âme ; « Je suis ton salut », la ferme assurance que Dieu est l'Etre sur qui l'on peut se reposer : voilà le message de Luther à la chrétienté. » Je parle des années (et bien entendu Harnack ne souffle pas mot de ce point caractéristique), où par tous les moyens Luther excitait et provoquait prêtres, religieux et religieuses à rompre leurs vœux et à se marier, où il leur dépeignait avec des couleurs très crues « l'impossibilité » de résister aux élans de la nature, ce qui eut pour conséquence de nombreuses désertions dans le clergé et les monastères. Je disais à ce propos : « Pour Luther et ses adeptes, ce n'était pas le Christ qui était leur salut, lui qu'autrefois, ils avaient pourtant juré de suivre pour toujours sans s'arrêter à Tamour d'une femme ; ce n'était plus après sa voix qu'ils couraient, mais après celle d'une femme, et ils l'écoutaient qui leur disait : « Je suis ton salut >). Leur idéal le plus élevé était celui de ces gens dont Tauteur du Commentaire sur le livre des Juges écrit : u Le sein d'une femme leur apporte une somnolence délicieuse^ ». Pour confirmer ces paroles, j'ajoutais immédiatement la phrase suivante quelle aussi et pour de bons motijs Harnack a passée sous silence : « Faut-il s'étonner que la cause de Luther fût louée par ceux qui fréquentaient les maisons publiques, comme le lui écrivait son ancien supérieur et ami Staupitz^l » Pourquoi Harnack ne dit-il rien nonplus de ce qui suit dans la page incriminée, et particulièrement à la note 4^, autant de choses qui

1. Weimar, IV, 585, 7 (i5i6) : «Blando sopiunturmulieris sinu ».

2. Dans la lettre de Luther à Staupitz, du 27 juin i522 (Enders, III, A06).

3. Dans Ja 2" édition, Denifle a reporté cette note un peu plus haut, avec quelques modifications de peu d'iaiportance. Voir Ira traduction franc., t. I, p. 187, n. 3.

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