LA CRITIQUE DE HARNACK ! BAGATELLES
connexion de cette description avec ce qui la précède et ce qui la suit. Mais puisque ce second point de vue demeure à côté de l'autre, je puis laisser subsister aussi l'argument que j'ai tiré de ce passage contre le mirage décevant de la théorie de Luther sur la certitude du salut. Si l'on possède cette certitude, comment ressentir les épouvantes de la mort au point de mieux aimer être un pourceau que de supporter le poids de cette angoisse pendant le reste de sa vie! En outre, dans mon ouvrage * j'ai montré combien cette épouvante est peu chrétienne. Elle était une conséquence de la doctrine de Luther sur la foi qui n'est pas unie à la charité, une conséquence de sa vie et de la vie des siens. Je maintiens en outre qu'ici Luther a parlé d'après l'expérience qu'il avait faite sur lui-même^. « Souffrir par amour », « aussi longtemps qu'il plaira à Dieu », et jusqu'au jugement dernier s'il le faut, n'était pas le fait de Luther. Aussi, en i537, il criait, pendant une crise de la pierre : « Que n'y a-t-il là un Turc pour me tuer ^ » ! Et aussitôt après, au milieu de ses prières nous voyons sa haine contre le pape, de même que contre le diable, s'exprimer dans les termes les plus violents.
Avant d'aller plus loin, je veux faire ici une remarquer sur la critique du professeur de Greifswald, Haussleiter.j Dans Vaffaire du cochon, il s'est montré le plus batailleur de tous^. Comme jusqu'ici je ne connaissais rien de lui, je