T, MICHAEL
U LE COCHON DIGNE d'eNVIE )) 8l
ressortir uniquement la connexion de la phrase sur la vie heureuse du cochon avec celle qui précède sur la situation sans espérance et sans perspective des Juifs au sujet de leur Messie.
Eh bien ! si ces mots doivent être compris comme fonction de cette phrase précédente, ils ne peuvent avoir que la signification suivante : Je le sais par expérience, par mon expérience ou par celle des autres : déjà un chrétien qui a senti une fois l'épouvante et le poids de la mort aimerait beaucoup mieux être un pourceau que d'être sans cesse en proie à un tel accablement. Mais ce désir n'est rien en comparaison de celui d'an Juif dont le Messie ne donne qu'un bonheur extérieur et temporel, et rien de plus ; dès lors, à chaque instant de sa vie, le Juif doit endurer le cruel tourment de la mort et l'angoisse de l'enfer, car il sait qu'à chaque instant il peut mourir, et que l'enfer l'attend dans l'autre monde. Or quelle vie que de sentir constamment ces épouvantes et ce poids de la mort I C'est pourquoi, en comparaison de la vie d'un Juif avec son Messie, il faut regarder comme beaucoup plus heureuses la vie et la mort d'un pourceau.
Comme c'est alors que vient la description de la vie du pourceau, on objecte que mon accusation sur le cynisme de Luther n'aurait plus sa raison d'être i. En réalité qui donc a raison ? A moitié mes critiques et à moitié moi : pour l'histoire du cochon nous devons partager le prix. Cette description peut être considérée à deux points de vue : si on la rattache à ce qui précède, ce sont mes critiques qui sont dans le vrai ; mais si on la regarde comme une description d'une portée générale s'appliquant à tout chrétien qui a senti les épouvantes de la mort, c'est moi. Et ce n'est qu'avec ce dernier sens que l'on saisit la