LA CRITIQUE DE HA.R1V\CK : BAGATELLES
(et je me suis arrêté notamment à celles, en grand nombre, qui me visent personnellement) je puis déclarer qu'elles se font remarquer par une légèreté, des altérations et des détournements de sens véritablement inouïs ; l'auteur n'y recule même pas devant les mots les plus infamants comme ceux de cynisme et de mensonge ». D'après les indications que nous venons de donner sur la manière dont Harnack tente de se tirer d'embarras, le lecteur voudra bien décider sur qui retombe ce reproche de légèreté, d'altérations et de détournements de sens. Harnack aurait-il donc clairement senti que par des moyens scientifiques il lui était impossible d'infirmer le^ pages où je l'attaque dans mon ouvrage ?
Au sujet des deux exemples que je viens de donner [sur les « vices éclatants » dont aurait parlé saint Augustin et sur la prétendue identification catholique entre l'état monastique et l'idéal de la viej, il écrit : « Je ne donnerai que deux exemples de la manière dont l'auteur mène sa polémique à l'endroit des idées. Je suis prêt à réfuter de la même manière toutes les autres attaques que ce livre contient contre moi ». De la même manière : donc avec des réfutations également superficielles, qui compromettent Harnack aux yeux du monde savant.
Il oublie aussi qu'il me devait à moi-même la réfutation de mes attaques, d'autant plus que dans plusieurs passages de mon livre je l'avais mis en demeure d'y répondre. Comme, dans son compte-rendu, il fait prévoir une réfutation plus détaillée, réfutation que j'ai vainement attendue jusqu'au dernier moment, je vais lui énumérer ici les points sur lesquels il aurait dû prendre position ; il ne s'agit pas d'enfantillages, mais de sérieuses affaires d'honneur sur le terrain de la science ^
1. Cette « réfutation plus détaillée» ne se trouve pas davantage dans Aus Wissenschaft iind Leben (Giessen, 1911), collection
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Comment fait-il s'accorder la phrase : « L'état monastique est la vie chrétienne » avec cette autre : « L'état monastique est la forme la plus élevée du christianisme ^ ? » Quelle position prend-il à l'endroit des fausses idées que je lui ai reprochées au sujet du « programme » des moines de Gluny et de « leur pape » Grégoire VII ^ ? De même encore, à l'endroit de ces assertions absolument erronées : « Jusqu'à la fin du xu" siècle, l'état monastique est demeuré dans l'Occident une institution essentiellement aristocratique 3 » ; « les écoles des monastères n'étaient ouvertes qu'à la noblesse » ; « pour la masse grossière du peuple, le monastère restait tout aussi fermé que le manoir -^ ». De même, à l'endroit de ses opinions fausses sur saint François d'Assise et les deux grands ordres mendiants ^ ? Je l'ai mis au défi de m'indiquer dans les mystiques, et spécialement dans les mystiques allemands, un seul passage sur, clair et inattaquable d'où puisse résulter la vérité de son assertion que la myslique voulait produire la certitude du salut ; je l'ai prié de m'analyser cette phrase : « L'ordre des Jésuites est le dernier mot authentique du monachisme occidental » ; de me dire ce qu'il entendait par monachisme ; par mystique des Jésuites ; par
d'articles divers publiés par Harnack ces dernières années. Un chapitre, il est vrai, est intitulé : Pater Denifle, Pater Weiss und Luther (t. I, p. agS- 302) ; mais Harnack n'y parle que du t. 11 de l'œuvre de Denifle, que le P. Weiss a fait paraître avec un plan à lui en 1909 (N. d. T.).