‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 32 sur 278 · Erlangen · texte numérisé non relu

Erlangen

avait commandé l'impossible ; que nous n'avions pas le libre arbitre pour accomplir les préceptes divins », il niait la force surnaturelle, la grâce, et en conséquence il négligeait la prière, se privant ainsi des deux moyens qui l'auraient mis à même de \aincre la concupiscence, de s'élever au-dessus de lui-même et de ceux qui l'entouraient, et d'accomplir la loi. La vie entière de son âme contredisait cette parole de l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ^ ». Dès l'instant où il eut dit qu'à elle seule la foi dans le Christ sufQsait à nous enlever la conscience de nos péchés, que le repentir était impossible, que l'Evangile ne nous enseignait pas ce que nous devions faire, que c'était là le propre de Moïse, et que Moïse n'avait rien à voir avec l'Evangile ; que l'Evangile n'était que la promesse du pardon des péchés, qu'il n'y trouvait qu'un commandement: celui de recevoir 2; que notre seule obligation envers Dieu était de croire en lui 3 ; qu'avec cette foi tout ce que faisait l'homme, si coupable que ce fût, était regardé par Dieu comme bon et comme saint*; dès cet instant, dis-je, la vie morale de Luther déclina.

Page 1