‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 47 sur 278 · Erlangen, 9, aSG · texte numérisé non relu

Erlangen, 9, aSG

l\. Dès 1623, il nous donne une explication qui est bien dans sa manière : « Auparavant (sous la papauté), alors que la lumière n'avait pas encore paru, nous ne voyions pas notre méchanceté ; maintenamt, nous voyons combien grande fut notre erreur.

Que par là il se mît en contradiction avec l'enseignement des apôtres, il n'avait pas à s'en préoccuper, lui qui se regardait comme un apôtre ! Puis, sa doctrine, d'où résultait un tel relâchement, était-elle bonne? Et pouvait-il prétendre qu'elle ne changeait pas, alors que sans cesse il niait aujourd'hui ce qu'il avait affirmé la veille ? Mais, à ses yeux, c'étaient là autant

Autrefois, nous croyions être pieux, parce que nous ne connaissions pas le péché; en réalité, nous ne voyions pas combien nous étions naturellement pauvres, ni comment l'on devait se comporter à l'égard du prochain ; maintenant que la lumière nous éclaire, nous disons que nous sommes devenus pires » (Weimar, XI, 190). Et voilà l'homme que les théologiens protestants prennent au sérieux ! Trois ans après, il représentait cet état mauvais comme voulu de Dieu : « Lorsqu'on prêche sur la grâce et la paix de Dieu que nous donne l'Evangile, alors on s'étonne que les gens soient si mauvais, pires qu'auparavant. Mais il doit en être ainsi. Car ici tu entends que Dieu se plaint des temps mauvais (Psaume 94, i3 : « Pour l'apaiser [l'homme] aux jours du malheur ») ; il nous apprend ainsi à être calmes et patients, ce à quoi l'on ne peut parvenir dans les jours heureux)) ! (Weim., XIX, 690 ; i526). — Et en 1627 : (( Nous entendons dire aujourd'hui : « Que produit de bon l'Evangile ? » — On ne voyait que scandales, dont le plus grand, disait-il, était la désunion qui régnait entre lui et les siens. « Mais qui a donc commencé? Ce n'est pas nous ! » (Weimar, XX, 67/i). — Quelques années après, il consolait ainsi les siens : « Si tu me demandes quel bien a produit notre doctrine, je te demanderai à mon tour : Quel bien produisirent les paroles de Loth à Sodome ? » (Opéra exeg. lat,, V, 37 ; i538-i539). Les deux cas se ressemblaient comme le jour et la nuit : car si les habitants de Sodome entendirent les paroles de Loth, ils ne les acceptèrent pas ; tout au contraire, les partisans de Luther avaient accepté sa prédication et sa doctrnie, et ils s'étaient conduits en conséquence. Mais Luther n'avait pas à se préoccuper de cette différence : selon sa tactique habituelle, il cherchait par des habiletés de mauvais aloi à innocenter sa doctrine des effets qu'elle produisait, et il inventait à cette fin toute sorte de prétextes. Sur ce point, il était incontestablement « un génie sans pareil»! — Voir aussi,ei-dessus, t. I, p. 196, n. i.

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