‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 48 sur 278 · LA DOCTRINE ET LA VIE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE ET LA VIE

de questions oiseuses : pour lui, il ne s'agissait que d'un seul point : sauver la doctrine à laquelle l'avaient conduit sa vie et son obstination. Pour y parvenir, toutes les raisons lui étaient bonnes, même celles qui allaient contre l'Evangile ! Dans saint Matthieu, Jésus- Christ dit : (( Celui qui aura pratiqué et enseigné tous les commandements sera grand dans le royaume des cieux i. » Et Luther écrira : « Ce n'est pas une petite grâce que Dieu annonce sa parole même par des polissons et des impies (désignerait-il par là les prédicants luthériens ?) ; j'ose même dire qu'i7 y a plus de danger lorsqu'il le fait par de saintes gens, et non par des pécheurs, câT les simples se laissent facilement séduire par la sainteté des hommes, et ils s'y attachent plus qu'à la parole de Dieu ^ », etc. Du reste, « les véritables saints du Christ doivent être de bons et grands pécheurs et persévérer dans cette sainteté ^ ». Pour arriver à une (( pareille sainteté », il était évidemment mieux que ses partisans eussent des prédicateurs du même modèle. Chez les catholiques, il arrive souvent que la vie est au-dessous de la doctrine. Dans la société luthérienne, au contraire, la conduite de celui qui craint vraiment Dieu est au-dessus de Luther et de sa doctrine. Pourquoi? Parce que, chez Luther et les siens, la vie mauvaise n'était pas imputable seulement à la faiblesse humaine, mais encore et surtout à leur fausse

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