Ci-dessus, t. III, p. i88-i8g
7/i LA>^GAGE OBSCÈ^^E
ses actions, son visage et son maintien i. » On objectera peut-être que par sa situation et sa nervosité, Aléandre devait être porté à n'être pas impartial ; mais dans les mêmes circonstances Contarini jugeait Luther d'une manière à peu près identique : comme savant et comme homme, il avait causé une déception presque universelle 2.
L'envoyé polonais, l'humaniste Jean Dantisgus, qui en i523 fut présenté à Luther par Mélanchthon pour qui il avait une estime sans égale, avait eu une tout aussi haute opinion de Luther ^ ; quand il se fut entretenu avec lui, il la perdit complètement : « Pour ce qui est de la sainteté de la vie, que beaucoup chez nous célèbrent en lui, il ne se distingue en rien de nous autres », c'est-à-dire il agit comme nous et ne nous dépasse pas d'un pouce. Dantiscus le trouva savant et bien doué ; « mais, ajoute-t-il, tout ce que j'ai pu l'entendre dire, ce sont des injures, des propos arrogants et pleins d'amertume contre le pape, l'empereur et quelques autres princes *. » Très gaiement, dit-il en-
1. Brieger, Aleander und Luther, p, 170. [J. Paquier, Jérôme Aléandre, 1900, p. 241-242],