Ci-dessus, t. III, p. /192, n. i
2, Vers la fin de i52i, Mélanchthon écrivait à Capiton, prédicateur et conseiller de l'archevêque de Mayence, et qui déjà se montrait favorable à Luther : « Modis omnibus efficiendum est tibi, ne contemnatur Lutherus, et ut ejus hoc tempore literae apud tuos valeant ». Mépriser Luther, c'est mépriser le Christ : « Si Lutherus, id quod multi sentiunt, divinitus missus est, qui mundum ad Evangelium revocet, cavendum est, ne non tam Lutherum, quam illum, cujus hic à-n:d7To);Ov agit, contempsisse videamini... eûaryi>viov rejicitis, si Lutherus rejicitur ». Tout comme Luther, Mélanchthon connaît et emploie un moyen fort en usage dans la mauvaise presse de nos jours : menace de publi-
S 3 . — Langage obscène de Luther
Nous savons déjà en partie ce qu'à la diète de Worms écrivaient sur Luther Aléandre et Contarini,le premier, nonce de Léon X, le second, ambassadeur de Venise à la diète 2. Vraisemblablement, Aléandre ne vit pas Luther à Worms ; mais il se tenait très au courant de tous ses faits et gestes ; or, nous dit-il, pendant son séjour, Luther a fait s'évanouir la bonne opinion que l'on avait conçue de lui : u presque tout le monde a vu en lui un insensé, un débauché et un possédé ; bien plus, aussitôt que l'empereur (Charles-Quint) l'a vu, il a dit : « Ce n'est pas cet homme-là qui me rendra jamais hérétique. »... Je laisse de côté l'ivresse, à laquelle Luther est certainement très adonné, et mille autres choses malséantes dans ses goûts, ses paroles.
cations désagréables si on ne consent pas à ce qui est demandé : « Quod privatim ad principem tuum pertinet, proscindetar acerbissimo scripto, nisi dextre responderitis. Hoc ut prematur quantillo incommode efïicere potestis. De indulgentiis, credo, agitur ; quae cum jam olim deploratse sint, minimo negotio abrogari possunl. Nam vel tiinc Lutheri candorem aîstimes, qui praeter indulgentiasnihil attingit». Gliez Mélanchthon, les habiletés de Luther deviennent de la «candeur» ! 11 conclut : « Cedite hocuno loco recta monenti tanto cum commodo vestro, si consultum viiltis Tf, toG è-jiix/côzo'j à^'.a. Ego hactenus sedulo praestiti, ne quid contra vos ederetur, et porro prœstare ciipio, modo recta velilis » ; c'est-à-dire, comme le désirent lui et Luther. Corpus Reform., I, Z192.
1. Dans la Psychologie de Luther et du Protestantisme, livre III, voir les considérations du P. Weiss sur ce paragraphe et les deux suivants. (N. d. T.)