Ci-dessus, t. ïl, p. i5o, n. i
A. « Tantopere conspurcavit sanctissiman de se opinionem ». Dans O. Vogt, D" Johann Bugenhagens Briefwechsel (1888), p. 35,
lettre de la même année, Mélanchthon lui-même portait sur Luther un jugement tout différent de ceux qu'il émettait quatre ou cinq ans auparavant ; plus tard, lorsque Camerarius, le destinataire de cette lettre, la publiera, il trouvera bon, pour sauvegarder l'auréole artificielle créée autour de Luther, d'altérer certains passages de la lettre de son ami 1. Mélanchthon reconnaissait bien encore chez Luther certaines marques de crainte de Dieu ; mais il lui reprochait « une extrême légèreté )), une humeur très volage ; les religieuses sorties de leur couvent l'avaient pris dans leurs pièges ; lui et ses amis avaient souvent critiqué son penchant aux bouffonneries ; enfin, il espérait que la vie conjugale lui donnerait plus de tenue 2.
Vaine espérance ! Chez Luther, comme nous l'avons vu, le manque de tenue ne fit qu'aller en s'accentuant^.
1 . La fin justifie les moyens ! La manière dont Kolde excuse le procédé de Camerarius est vraiment caractéristique : « Dans son édition autrefois si estimée des lettres de Mélanchthon, Camerarius ne s'est pas attaché à rendre les originaux avec toute la fidélité possible ; souvent, au contraire, il s'est permis des interpolations qui ne manquent pas d'importance. Ce procédé surprenant s'explique toutefois par des raisons de piété filiale. » Realenzyklopàdie fur protestanlische Théologie und Kirche, 3* édit. , 111, 689. Malheur à un catholique qui, pour sauver la mémoire d'un autre catholique, se permettait les pratiques de Camerarius I Ce ne serait plus de sentiments de piété filiale que l'on nous parlerait, mais de malhonnêteté et de perfidie. A l'endroit des catholiques» les théologiens protestants sont toujours animés de l'esprit de Luther. Au surplus, chez Camerarius s'agit-il simplement d'interpolations ? C'est falsifications qu'il faut dire. Pourquoi Kolde n'a-t-il pas le courage de l'avouer franchement î>