‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 59 sur 278 · LUTHER VA EN DECLINANT · texte numérisé non relu

LUTHER VA EN DECLINANT

et Mélanchthon le constatait en gémissant K Dès qu'il eut rompu avec l'Eglise catholique, il ne connut plus de mesure dans les propos vulgaires et orduriers dont il se servit envers elle^ ; du reste, depuis cette époque, et même depuis le jour où, assez inconsciemment au début, il eut une doctrine en désaccord avec celle de l'Eglise, on vit s'aggraver ses défauts de caractère et ses passions : son amour-propre, son entêtement, son orgueil, son infatuation, sa violence, son inclination à l'injure et à la calomnie, sa fourberie et sa déloyauté. Cette marée montante est sans conteste le verdict le plus accablant pour sa doctrine. De même aussi, à mesure que ses audaces et ses impertinences contre le pape allèrent en augmentant, que s'accentua son sans-gêne à abandonner les dogmes les uns après les autres, qu'il donna davantage sa parole pour la parole même de Dieu, qu'il supprima toute autorité, et s'enfonça dans le subjectivisme, la grossièreté de ses sentiments et de ses marnerez alla croissant, et, en sens inverse, s'atrophièrent en lui la pudeur avec l'amour de la chasteté.

Tant qu'il est catholique, ou tout au moins dans la première période de sa vie monastique, on le voit qui tâche de réfréner sa tendance à la grivoiserie. Dans ses Gloses sur les Sentences et dans son Explication des psaumes, on ne trouve rien d'indécent, bien que toute-

I. Mélanchthon ad Camerarium, 11 Ap. 1626 : a Utinam Lutherus etiam teceret. Quem cum aetate usuque inter tôt mala sperabam mitiorem aliquando futurum, video subinde vehementiorem fieri... Ea res tune animum meum graviter cruciat ». Corpus Réf., I, 794.

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