Unschiildige Nachrichten, loc. cit., p
2. Voir en outre ci-dessous, à la quatrième gravure. — Rencontrent-ils chez un adversaire une désinvolture de ce genre, les théologiens et les pasteurs protestants s'en indignent ; par exemple, Stichart, à propos d'Erasme (Erasmiis von Rotterdam, 248-2/19); mais quand il s'agit de Luther, ils gardent pieusement le silence.
3. Voir FÔRSTEMA.NN, dans le Serapeum, 2" année, Leipzig, i8/ji, p. 34.
4. AUgemeiner Litterarischer Anzeiger, Leipzig, 1799, p. g/j et suiv. N. d. T. Cette revue n'a vécu que quelques années. — L'article
est signé Bdu.
Le titre, l'ordre des gravures, les descriptions qu'en fait l'auteur de l'article, les variantes dans le texte, tout concorde absolument avec l'exemplaire du British Muséum que je reproduis dans l'Appendice II. De prime abord, un détail semble différer : l'exemplaire de V Anzeiger n'avait que « 6 feuilles sur lesquelles ses gravures sont imprimées. » (P. gB). Mais comme par ailleurs^ l'article ne laisse aucunement soupçonner qu'il y eût deux ou
l'image DE LA PAPAUTÉ 12$
Je n'ai pu parvenir à savoir où se trouve aujourd'liui cet exemplaire. Un second exemplaire contenant dix gravures est présentement à Halle ; il a été décrit par Fôrstemann i. Un troisième, avec neuf gravures, se trouve à la bibliothèque de Luther à Worms, mais sous clé 2. Je l'ai examiné à deux reprises, et
plusieurs gravures sur certaines feuilles, il y a là évidemment une faute d'impression : le 6 est un 9 renversé.
Wendeler décrit aussi ce qu'il appelle « une copie de Wittenberg, de i545 » {Art. cité, i886, p. 17-A0 ; voir surtout p. 17, n, i). Il dit qu'il s'en trouve deux exemplaires à Berlin et deux à Weimar. D'après ce qu'il en rapporte, il semble qu'ils goient identiques à celui du Brltish Muséum que je reproduis ci-après.
C'est peut-être l'exemplaire de Londres ou mieux l'un de ceux de Weimar ou de Berlin que VAnzeiger a décrit. Ce qui est curieux, c'est que l'auteur de l'article ne donne pas la moindre indication à ce sujet. Peut-être s'était-il procuré l'exemplaire plus ou moins en fraude? (N. d. T.).
1. Serapeum, loc. cit., p. 33-/io. [En i845-i846, on trouve en France une description de ce pamphlet dans Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire, IV" année, i8/i5-i846, p. /il 2-4 16. Cette description paraît traduite de l'article du Serapeum].
2. Un autre exemplaire se trouve au Halle de Luther (Lutherhalle), a Wittenberg. (Chr. Schuchardt, Lucas Cranach des /Elteren Lehen und Werke, Leipzig, III, (1870), p. 280, et surtout C. Wendeler, art. cité, 1886, qui en donne une description précise et détaillée.
Voilà donc cinq exemplaires de ce pamphlet : celui de Worms, celui de Halle, celui de Wittenberg, et les deux du British Muséum, dont il est question dans l'appendice II. La suite des gravures est différente dans les cinq ; la voici, dans l'ordre où les exemplaires viennent d'être nommés : Worms, Halle, Wittenberg, Londres I et II : i, (i), (2), (3), (2) ; - 2, (3), (8), (9), (3) ; — 3, (9). (9). (10), (h) ; - /,, (10), (10), (5), (5) ; - 5, (8), (7), (A), (9) ; — 6. (5), (5), (8), (8) ; - 7.(0). (3), (i),(6); - 8, (7), (4), (2), (7); - 9, (2)'(')> (/)> (O- — La quatrième gravure de l'exemplaire de Halle, sixième dans celui de Wittenberg et de Londres n" i, manque
c'est lui dont je vais faire la description i. La rareté de ces gravures s'explique parfaitement par le fait que les protestants les ont détruites, parce qu'ils les estimaient déshonorantes et compromettantes pour leur père ; de même, la gravure en tête de l'ouvrage Contre la papauté romaine, n"a été publiée que dans les deux premières éditions, données par Luther lui-même ; à
dans les exemplaires de Worms et de Londres, n° 2. (En voir ici la description après celle des neuf autres, et la reproduction dans l'Appendice II).
Dans les exemplaires de Worms et de Londres, n°2, l'ordre des gravures est indiqué dans la marge par des chiffres romains imprimés à la même époque^ ; dans celui de Worms, ils sont dans la marge d'en bas, à Londres, dans celle d'en haut.
Ajoutons qu'au premier endroit où Schuchart s'occupe de ces gravures, il les range sous ce titre vraiment curieux : « Images saintes et religieuses ». (Chr. Chuchardt, ouv. cité, II, (i85i), 2A8-255). Du reste, la description qu'il en donne, non plus que celle de Fôrstemann, n'est pas complètement exacte. C'est d'après Schvichardt et en partie d'après Fôrstemann, mais non pour les avoir vues lui-même, que Janssen décrit quelques-unes de ces gravures, avec certaines inexactitudes lui aussi. Geschichte des deutschen Volkes, III, i7"-i8* éd., revue par Pastor, 1899, p. Sg/j, n. k; et Ein zweites Wort au meine Kritiker (12' mille), p. 99-100.
Enfin Schuchardt (oavr. cité, III, 23i-235), et surtout Wendeler (revue citée, XLV, 1886, 87-/10) décrivent une reproduction de l'/ma^fe de la Papauté, laite en 1617. Elle comprend neuf gravures; il y manque aussi celle où le pape met le pied sur la tète de l'empereur. La IX' {Ortas et Origo papœ) ne s'y trouve pas non plus ; mais par contre on a ajouté le veau-moine, avec des vers appropriés. (Cette note est à la fois de l'auteur et surtout du traducteur).
1. Comme on l'a vu à la note précédente, l'ordre des gravures n'est pas le même dans l'exemplaire du firiiis/iMnseum, n° 2 ; mais pour ne pas bouleverser la description de Denifle, nous gardons ici l'ordre de l'exemplaire de Worms ; nous donnons en note les n" correspondant des gravures du British Muséum reproduites dans l'Appendice II. (N. d. T.).
ma connaissance, dans les éditions postérieures, elle n'a pas été reproduite.
Gravure I.
Au-dessus :
Monstre trouvé mort à Rome dans le Tibre en iU96.
La gravure représente un monstre avec une tête d'âne et un corps de femme. A l'exception de la poitrine et du ventre, tout le corps est recouvert d'écaillés de poisson. Par derrière, une tête d'homme et une queue qui se termine en tête de dragon. La main droite semble se terminer en trompe d'éléphant ; la main gauche est humaine. A droite, au lieu d'un pied humain le monstre a un pied de bœuf, et à gauche une serre d'oiseau de proie.
Au-dessous :
C'est Dieu lui-même qui nous donne Ce portrait de la papauté.
Regarde ce monstre et frissonne Car il te peint la vérité i.
Mart. Luther D(octor).
1. C'est le monstre dont Mélanchthon avait donné la description en 1023. (Ci-dessus, p. ii3-ii5). Appendice II, gravure II.
2, Pour l'explication de ce chiffre et de ceux qui suivent au bas de chaque gravure, voir, ci-dessus, p. i2/l.
Gravure II.
Au-dessus :
Le royaume de Satan et du Pape (II Thess., 2). Cette gravure est la même que celle de l'ouvrage Contre la papauté romaine fondée par le diable^.
Au=dessous :
Investi de la dictature De par l'Enfer, voilà celui Que prophétise l'Ecriture :
Le jour de l'Antéchrist a lui.
Mart. Luther D.
Gravure III.
Au-dessus :
Le baisemeni du pied du pape.
Le pape est assis sur son trône et tient à la main la bulle d'excommunication, d'où jaillissent des flammes mêlées de pierres. De chaque côté se tient un cardinal 2. Devant lui deux hommes lui tournent le dos avec
1. Ci-dessus, p. io5. Voir aussi la même gravure, ci-après, Appendice II, gravure III.
2. Schuchart dit qu'ici et à la gravure V, la tète de l'un des cardinaux est à ne pouvoir s'y méprendre celle d'Albert de Mayence. (Ch. Schuchart, Lucas Cranach, II, 280). C'est fort exact, et l'on peut à ce sujet faire des rapprochements curieux: Dans l'/magre de la Papou M (Appendice II), Albert est représenté trois fois : dans
le derrière à nu. Tout en retournant la tête vers lui, et en lui tirant une longue langue, ils lui envoient des
la gravure I (la IX° d'ici), il est le plus près de la mère du diable, coitlé d'une barette ; partout, du reste, cette coiffure est l'un des points qui servent le plus à le reconnaître ; dans la gravure IV (la 111° d'ici), il est à droite, et dans la gravure IX (la V° d'ici), il est au contraire le plus à gauche.
On peut comparer ces trois têtes aux portraits d'Albert qui nous viennent de Cranach ou de son atelier. Dans mon dernier voyage d'Allemagne (juin igiS), après avoir étudié l'exemplaire de Vlmage de la Papauté dans la bibliothèque de la Marienkirche, à Halle, je suis allé voir l'église elle-même (devenue protestante en i54i). A droite du chœur se trouve un grand et beau triptyque de Cranach (1629), œuvre du reste fort connue (Ed. Flechsig, Cranachstiidien I, 1900, p. iSg-iGo; Tafelbilder Lucas Cranachs, 1900, n° 97). Dans le panneau du milieu, l'enfant Jésus offre un livre à un cardinal. Aussitôt que j'ai vu ce cardinal, je me suis dit : C'est celui de mes gravures, c'est Albert de Mayence. Quelques jours après, je faisais la même remarque à propos d'un portrait d'Albert à la Galerie de Dresde, où il porte le n" 559. Dans le même sens, on peut voir aussi les portraits suivants d'Albert de Mayence : Albert en Saint Jérôme au milieu d'une campagne ; de 1627, par Cranach ; dans Ed. Heyck. Lukas Kranach, 1908, n° 58; Ed. Heyck, Luther, 1909, n° 54 ; l'original est au Kaiser Friedrich Muséum, à Berlin ; — Albert à genoux au pied de la croix : Wilhelm Worringer, Lukas Cranach, 1908, n" 43 ; le même dans Heyck, Lukas Cranach, n° 57 (Musée d'Augsbourg).
Un autre portrait d'Albert par Cranach a aussi des ressemblances, quoiqu'un peu plus lointaines, avec ceux de Vlmage de la Papauté ; c'est celui de Berlin qui représente Albert en iSao, à l'âge de trente ans. Voir Karl Woermann, Die Dresdener Cranach Austellung, dans Zeitschrift fur bildende Kunst, XI (1900), p. 85, n° 39 (n° 88 de l'exposition de Cranach) ; le même, dans F. Lippmann, Lucas Cranach, Sammlung von... Holzschnitten... 1895, n" 64 ; et G. Buchwald, Martin Luther (1902), p. 91, Enfin, sur Cranach peintre d'Albert, on peut voir Ed. Heyck, Lukas Cranach, 1908, p. 88.
Dans l'atelier de Cranach, on connaissait donc fort bien les traits d'Albert ; on n'y eut pas de peine à reproduire son portrait dans Vlmage de la Papauté. On sait d'ailleurs l'animosité, en même temps que le mépris, du reste assez justifié, que depuis de
pets sous forme de nuages de fumée et se succédant comme des salves d'artillerie.
Au-dessous :
Pape, un moment 1 Pas de colères I Pas d'excommunications I Ou , gare à toi ! Nos belvédères ^ Lanceront leurs munitions.
Mart. Luther D.
Dans le haut de la gravure, à gauche, on lit :
Le pape dit :
a 11 faut craindre nos décisions, même quand elles sont injustes 2. »
longues années, Luther ressentait à l'endroit d'Albert de Mayence.
Il esta remarquer que dans sa lettre du 8 mai i545, où Luther explique le sens des trois Furies de la gravure Ortus et Origo papse. (De Wette, V, 7^0; voir, ci-dessus, p. 118, et, ci-dessous, p. i36), il parle en toutes lettres de Vévêque de Mayence', dans toute son explication, c'est même le seul personnage qu'il désigne nommément. (N. d. T.).
1 . [Ce mot est composé des deux mots italiens hello et vedere : beau voir, belle vue. Une partie du palais du Vatican, contruite par Bramante sous Jules II, a reçu ce nom à cause de la belle vue dont on y jouit. C'est là que se trouve aujourd'hui la collection des sculptures antiques et notamment V Apollon du Belvédère]. On voit ici la signification que le mot avait pris dans certains milieux. On lit dans le Tanzteufel (Diable de la Danse), œn\re du luthérien Florian Daulen de Fûrstenberg(dans le Theatrum diabolorum, Francfort, 1576, fol. 222) que lorsque les danseuses soulevaient leurs jupes au-dessus de la ceinture, elles offraient aux impudiques « un gentil belvédère welche ». En marge, on lit : « Bellvidere, château de plaisance à Rome derrière le palais du pape )).
2. On trouve déjà ce prétendu principe de droit canon dans un écrit de Luther de i53o : Von den Schliisseln {Sur les clés). Erlangen, 3i, i/ii.
Réponse :
Sale race en furie, tiens voilà mes fesses*. Tiens, pape, voilà mon Belvédère 2.
Gravure IV.
Au-dessus :
L'adoration du pape, le Dieu de la terre.
La tiare papale, le sommet en bas, est sur une sorte de table qui a comme antipendium les armes du pape avec les deux clés sous forme de crochets. Un lansquenet fait ses gros besoins dans la tiare ^ ; la représenta-
1. Ces mots font allusion à un fait que, dans son pamphlet Contre la papauté romaine fondée par le diable, Luther raconte « d'après un ouï dire », de l'humaniste Jean Ant. Campanus, Rentrant de Ratisbonne, « lorsqu'il fut arrivé aux frontières du pays welche, il tourna le dos vers l'Allemagne, se courba, se découvrit le derrière et dit : « Aspice nudatas, barbara terra, nates : Tiens, sale bête, voilà mon Luc ». [En allemand, Luther met Sra pour^lrs: c...]. (Erlangen, 26, 117). En fait de trivialités, Luther en a toujours à revendre.
2. Appendice II, gravure IV. — Dans le Passionnaire du Christ et de l'Antéchrist (ci-dessus, p. 110), l'idée des gravures VI et VIII est à peu près la même qu'ici. Dans la VI', le pape se fait embrasser le pied par l'empereur ; dans la VIII', il lance une bulle d'excommunication. Mais dans l'exécution, les deux gravures du Passionnaire sont loin d'être aussi grossières que celle-ci. (N. d. T.).
3. C'est une illustration du conseil de Luther : « Nous pouvons en toute sûreté de conscience prendre les armoiries du pape, sur lesquelles on a représenté les clés surmontées de la tiare, les porter aux cabinets, faire nos besoins dedans et les jeter au feu. Si c'était le pape lui-même, ce serait évidemment mieux ». (Erl. 26, i53; ci-dessus, p. 99).
l3o GRAVURES ET VERS OBSCENES
tion est on ne peut plus grossière. A côté, également sur la table, est un second lansquenet, les braies déjà défaites, et impatient de le remplacer. Un troisième a déjà fini; il est descendu à terre, en train de se boutonner.
Au-dessous :
Le pape en des siècles de trouble
Du Christ a souillé la cité,
L'Esprit dit : Qu'on lui rende au double (Apoc. i8)^ ;
Montrons de la docilité "^.
Mart. Luther, D.
Gravure V.
Au-dessus :
Digne récompense du pape satanissime et de ses cardinaux.
Le bourreau a pendu à une potence le pape et trois cardinaux. Il leur a tiré la langue jusque derrière le cou, et il l'a clouée à la potence ^. Trois diables qui voltigent à l'entour emportent les âmes des trois cardinaux déjà morts. Le bourreau est encore occupé à clouer la langue du pape, et un diable attend pour s'emparer de son âme.
1 . Apocalypse, XVIII, 6 : «Payez-la comme elle-même a payé, et rendez-lui au double selon ses œuvres ; dans la coupe où elle a versé à boire, versez-lui le double ». On voit rapplication mystique que Luther a su faire de ce texte. Quel respect pour l'Ecriture Sainte !