‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 98 sur 278 · I. Appendice n, gravure IX · texte numérisé non relu

I. Appendice n, gravure IX

3. Contre la Papauté romaine (Wider das Papstum ;Erl., 26, laA) : « II le fit décapiter publiquement » ; — p. 182 : « Que n'ont-ils pas fait (les papes) avec nos empereurs allemands, Frédéric I et l'autre, jusqu'à ce qu'ils décapitent publiquement l'unique héritier Conradin... »

Rois, le tranchant de cette épée Doit vous rassurer à jamais * !

Mart. Luther, D.

Gravure VII.

Au-dessus :

Le pape accorde un concile en Allemagne.

Revêtu de ses ornements pontificaux et coiffé de la tiare, le pape est à cheval sur une truie énorme qu'il

I. Appendice II, gravure VIII. — Cette gravure et les vers de Luther devaient faire croire à tous, et surtout aux ignorants, que le pape lui-même avait tranché la tête à Conradin. Dans toute histoire sérieuse sur celte période, on trouvera la vérité sur la mort de ce jeune roi qui fut décapité le 39 octobre 1268 sur le Mercato vecchio à Naples par ordre de son vainqueur Charles d'Anjou. Luther cherchait à accréditer l'opinion que le roi avait été exécuté par le pape. Son écrit Contre la Papauté romaine fourmille de semblables altérations de la vérité.

N. d. T. Voici simplement comment la raconte M. Bayet dans Y Histoire générale de Lavisse et Rambaud, Il (iSgS);, p. aaZj : « Un fils de Conrad IV, alors âgé de quinze ans, Conradin, que les Italiens ont appelé Corradino, résolut de venger son oncle (Manfred). Accompagné par son ami Frédéric d'Autriche, il descend en Italie. Pise l'accueille triomphalement ; à Rome, le sénateur, Henri de Castille, le reçoit comme un empereur. Mais le 28 août 1268, il est battu à Tagliacozzo par les chevaliers français. Dans sa fuite à travers la campagne de Rome, il fut arrêté par un Frangipani, traître à la cause gibeline. (D'après Heyck, Deutsche Geschichte, I, Bielefed et Leipzig, igoS, p. 607, Conradin réussit à s'embarquer à Pise et ne fut arrêté que sur mer). Livré à Charles d'Anjou, il fut décapité avec Frédéric d'Autriche. Il fut pleuré de l'Italie bien plus que de l'Allemagne. Du moins, parla mort héroïque de Manfred et du jeune Conradin, la maison

l'image de la papauté i33

aiguillonne de ses éperons. De la main droite il bénit ses propres ordures toutes fumantes qu'il tient dans sa main gauche et vers lesquelles il se penche. 11 les présente à la truie, qui lève son groin pour renifler la fumée ^.

Au-dessous :

Truie à l'humeur trop indocile Garde pour toi tes grognements, Peux-tu regretter le Concile Quand je te sers mes excréments ^ ?

Mart. Luther, D.

des Hohenstaufen tomba glorieusement ». « Il est probable, dit Heyck, qu'à la place de Charles d'Anjou, Henri VI et Frédéric II n'auraient pas agi autrement... Conradin mourut victime de la raison d'Etat telle que l'avait accréditée son grand'père. »

1. Cette gravure est reproduite par P. Drews, Der evangelische Geistliche, (igo5), p. i6,

Hegemann dit (Luther im katholischen Urteil, p. gS) qu'ici Denifle a reproduit la gravure que donne Weislinger. Pour émettre cette assertion, il faut que Hegemann n'ait pas confronté les deux gravures, tant elles diffèrent l'une de l'autre! Weislinger, qui, en tout cas, cite très exactement (si exactement que Hegemann pourrait sans honte aucune le prendre pour modèle), indique les trois éditions de Sleidanus auxquelles il emprunte sa gravure (Friss Vogel, a" édit., gi). Note du P. Weiss.

Page 1