‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 99 sur 278 · I. Appendice II, gravure VII · texte numérisé non relu

I. Appendice II, gravure VII

a. Ci-dessus, Luther nous a dit que le pape était sorti du derrière du diable (voir p. 107, tiré d'Erl., 26, 178).

l36 GRAVURES ET VERS OBSCENES

Alecto l'endort, tutélaire, Tisiphone conduit sa main *.

Mart. Luther, D.

Dans l'exemplaire de Halle, se trouve une autre gravure, elle y occupe la quatrième place. Voici comment la décrit Fôrstemann :

Au-dessiis :

Le pape obéit à saint Pierre qui commande d'honorer le Roi.

Un empereur se prosterne devant un pape : Henri IV devant Grégoire VII à Ganossa [ou plutôt Frédéric Barberousse devant Alexandre III à Venise] ; le pape lui met son pied droit sur la tête.

Au-dessous :

Malfaisant ennemi de l'homme.

Maudite soit ta sainteté Qui transforme en bête de somme L'élu de la Divinité^.

Mart. Luther, D.

1. Dans sa lettre à Amsdorf du 8 mai i545 (De Wette, V, 7^0), Luther parle longuement de cette gravure et des noms des trois furies, qu'il tourne contre le pape : Mégère, c'est l'envie, Alecto, la méchanceté implacable, et Tisiphone, la vengeresse du meurtre. Du reste, il s'y donne clairement comme l'inspirateur de la composition : « De tribus furiis nihil habebam in animo, cum eas papaî appingerem, nisi ut atrocitatem abominationispapalis atrocissimis verbis in latina lingua exprimerem ».

Voir Appendice II, gravure I.

2. II n'est personne qui du premier coup d'œil ne voie la morale «[ui ressort de cette gravure, et comment par ses propres paroles.

S 5. — Que penser des obscénités de Luther et des gravures qu'il a inspirées ?

Par son pamphlet Contre la papauté romaine fondée oar le diable et les gravures de l'Image de la Papauté, Luther a surpassé en vulgarité tout ce qu'il avait fait jusque-là. Il n'y a pas à s'étonner de voir Kôstlin et KoLDE recourir à des explications puériles afin de diminuer l'impression produite par les gravures ^. Depuis son apostasie, Luther avait une langue impudente, désordonnée, à l'image de son intérieur, à ce point que, dès les années qui suivirent son apostasie, des gens de bon sens crurent qu'il était devenu fou ou qu'il était mené par le malin esprit 2. De tout temps, il traita ses adversaires avec insolence et grossièreté ; et se modelant sur lui, ses adeptes, chacun à sa façon, se laissèrent aller à des trivialités 3. Mais avec son ouvrage

(( l'homme de Dieu » condamne sa conduite à l'égard du pape. Du reste, de même que dans la sixième il n'hésite pas à falsifier l'histoire afin de faire impression et de rendre le pape haïssable, de même dans celle-ci il montre Grégoire VII mettant le pied sur la tête de l'empereur. Voir aussi les attaques violentes de Luther dans Erlangen, 24, 2/1 1 (1624).

Voir Appendice II, gravure X.

[Pour d'autres renseignements sur Vlmage de la Papauté, voir l'Appendice IIJ.

1. Voir Janssen, Ein zweiles Wort..., p. 97 et suiv,, où les explications de Kôstlin sont très justement réfutées.

2. En 1629, PiRKHEiMER écrivait au prieur Leib von Rebdorf : « Lutherus vero ipse nequaquam linguaî petulantia et procacilate abscondit, quid habeat in corde, adeo ut plane insanire vel a malo daemonio agitari vid'eatur ». Dans Dôllinger, Die Reformation (2' édition), I, 588, note. [Traduction Perrot, I, i8/t8, p. 55o notej.

3. Dès le mois de décembre 1622, Wolgang Richard écrivait à Megobach : «Venit ad nos Eckius, Murnarus et reliqui Luthero

l38 QUE PENSER DES OBSCENITES DE LUTHER ?

Contre la papauté romaine, fondée par le diable, et les dix gravures que nous venons de décrire, il a dépassé tout ce qu'il avait produit en fait de vulgarités et d'insolences. Après avoir vu ces deux productions, comment ne pas souscrire à ce jugement de Weislinger : (( Ce serait à croire que l'enfer tout entier, avec toutes ses furies et tous ses démons, s'est coalisé pour cracher par la bouche de Luther ces amas d'obscénités... Pour ma part, je le reconnais ouvertement et sans crainte, devant Dieu et devant les hommes : si dans l'Ecriture, je trouvais cbez Jésus-Christ, ses apôtres ou les prophètes des peintures et des injures de ce genre, je les maudirais tous ensemble, et je les tiendrais pour des polissons, des malfaiteurs et des vauriens agités par le diable. Pensez-y, prédicants luthériens*. »

Ulrich Zasius n'avait-il pas raison d'appeler Luther ({ le plus vicieux de tous les bipèdes ^ » ? Et c'est cet homme-là que Dieu aurait envoyé à son Eglise pour la réformer !

Dans les chapitres précédents, nous avons étudié

Zoilii in bestias picti, quos ego mihi denuo depingi curavi ». Dans ScHELHORN, Amœnitates historiœ eccles.et literar., I, 297. Dans l'encadrement que la même année Lucas Granach fit pour le titre de la brochure de Luther Contra Hcnriciim regem Angliœ Martimis Luther, c'est Henri VIII qui, à mon avis, est représenté à droite avec une tète de loup, habillé moitié en moine et récitant son chapelet. Voir cette gravure dans E. Fleghsig, Cranachstudien {ic)oo), I, 21 3.

1. Friss Vogel, oder stirb ! Oberammergau, lySi, p. 97, Pourtant, en dehors de l'ouvrage contre la Papauté romaine, Weislinger ne connaissait des gravures mentionnées plus haut que les deux décrites par Sleidan, la seconde et la septième; et ce ne sont pas les plus obscènes I

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