‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 113 sur 290 · De prsecepto et dispensalioiifi, c. iG, n. Itô, Z17, /Ig · texte numérisé non relu

De prsecepto et dispensalioiifi, c. iG, n. Itô, Z17, /Ig

2. Voir à ce sujet Berlière, Les origines de Citeaux et l'ordre bénédictin au XII' siècle (l.ouvain, 1901), p. i5, 199.

3. Les congrégations elles aussi, comme par ex. celle de Windesheim : « Ego fr. proinitto, Deo auxiliante, perpetuam conlinentiam, carentiam proprii et obedientiam tibi, pater prior, ... secundum regulam b. Augustini et secundum constitutiones capitiili nostri generalis ». Manuscrit de la bibliothèque du séminaire de Mayence, 3" pars, c. 2. De même encore, par ex., les Servîtes, qui disaient expressément : « Vivere secundum Regulam S. Augustini. » Moniim. Ord. Scrv. S. Mariœ, édit. ^Iorim et

SOLLIER, 1, i2.

4. Expositio super Reg. fr. Min., c. I : « Vovent igitur Fratrcs totam regulam secundum intentionem maudatoris, partim ad observantiam, ut pra^ceptoric iniposita, partim ad reverentiam et approbationem illorum, quaî non tam pra?ceptorie imponuntur, qviam meritorie proponuntur tali statui specialiter amiulanda... Ex his ergo pafet error dicentium, quod voventes hanc regulam vovent etiam omnia prœceptorie, quœ in ipsa régula continenlur, lioc enim est contra Regulam manifeste, quœ expresse distinguit monitiones a pra^ceptis. » 0pp. S. Bonaventuraî (édit. Quaracchi), t. Vlll, 39/1, n. 3. L'on y trouve aussi d'autres citations dans les note?.

lOO LUTHER AVAIT-IL FAIT VOEU

tion entre les moni fions et les préceptes, distinction sur laquelle Grégoire IX insistait déjà expressément en laSo, et que saint Bonaventure a clairement expliquée. Dans la formule de profession, les Chartreux, il est vrai, ne disent rien à ce sujet, mais jusqu'à présent ils ont l'intention de faire vœu de vivre selon la règle, et non de faire vœu d'observer la règle.

Et si tout cela est exact, que penser de Kavverau, qui, dans son édition, aux passages dont il s'agit ici, se garde bien de perdre son temps à attirer le moins du monde l'attention du lecteur sur la mauvaise foi de Luther?

Dans d'autres ouvrages, Luther induit aussi en erreur au sujet des constitutions, c'est-à-dire des statuts, ce qui jusqu'ici n'a frappé aucun écrivain protestant. B'en des fois, plus tard, il s'est plaint que dans le papisme on se soit borné à terroriser les consciences : si, par exemple, lorsqu'il était moine, il fût sorti de sa cellule sans scapulaire, il aurait cru commettre un affreux péché mortel, car un moine n'avait pas le droit de sortir sans scapulaire '. De fait, ou lit dans les constitutions de Staupitz : «Un frère ne doit pas quitter sa cellule sans scapulaire- ». Luther a donc raison ? Pas le moins du monde. Dès le prologue, les constitutions coupent court au scrupule dont il devait parler plus tard : on y lit, à la première page : « Pour maintenir dans l'Ordre la paix et l'unité, nous voulons et déclarons cpie nos

I. Cf. Erl., 'l'i, S'iy; '|8, 2o3 ; TiscJireden, ('d. Fôrstem\>>-, III,

s. Cll. 2',.

d'observer toute la règle? lor

consti tu lions nous obligent, non sous peine dépêche, mais sous des peines disciplinaires, sauf le cas de précepte formel et de mépris ' ». Non seulement saint Thomas 2, mais encore Gilles de Rome •^, le docteur de l'ordre des Ermites, expliquent ce point à la perfection. Ce dernier tranquillise ainsi ses confrères : « Les inférieurs peuvent se former suffisamment la conscience en se rappelant ({ue ce qui est défendu par les conslilutions, à moins que ce ne soit une chose mauvaise en soi, entraîne une peine, et non une faute, excepté quand on le fait par mépris » *. Les protestants diront-ils que Luther a ignoré non seulement ces déclarations, mais encore ses propres constitutions? Mais alors quel singulier ignorant ils font de lui 1 Non, non, l'ignorance n'a rien à voir ici.

1. C'est le te\te de toutes les recensions : « Volumus et declaramus, ut constitiitiones nostrc non oblifient nos ad culpam, sed ad penam, nisi propter preceplum vel contemptum». Le prologue avec les paroles citées, comme en général la plus grande partie de ces constitutions, est tiré des constitutions des dominicains. Sur ce point, voir, plus loin, p. II, eh. I, s i et It.

2. S. Tlieol., 2", 2" cpi. i86, a. g: «Si quff>libet transgressio eorum, quœ in régula conlinentur, religiosum obligaret ad peccatiim mortale, status religionis esset periculosissimus propter niullitudinem observantiarum. Non ergo quœlibet transgressio eorum, quaî in régula conlinentur, est peccatuni mortale ». Et dans la réponse ad i"'" : (( Traugressio lalis vel oinissio ex suo génère non obligat ad culpam, neque mortaleu), nei^ue venialem. sed sohun ad pœnam laxalam sustinendam, quia per liunc modum ad talia observanda obligantur , qui tamen posscnt venialiter vel niortaliter peccare c\ ncgligenlia, vel libidine, seu contcmplu ».

3. Quoi. &"", qu.Tst. 21 :« Llruin religiosus frangens silentium, cum agat contra constitutiones, peccet m.ortalitcr ».

. 'i. Ibid.

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