Décrétai, de Recjular. III, 3i, lO
2. Les constitutions de Staupitz furent émises pour le Vicariat, non pour la province d'Allemagne. Je dois rectifier ici ce que •dans la première édition (p. 72, note 2), j'ai dit du couvent ■d'Erfurt, où Luther lit son temps de noviciat et de cléricature : ce couvent appartenait au vicariat et non à la province. Mais la province se servait probablement aussi des constitutions de Staupitz : dans les couvents de la province, l'observance venait des supérieurs du vicariat ; aussi, pour l'observance, ces couvents restaient toujours dépendants des vicaires généraux, qui de temps en temps en faisaient la visite. En outre, l'on ne pouvait que très dilficilement se procurer des exemplaires des anciennes constitutions générales, qui n'étaient que manuscrites ; celles de Staupitz furent les premières à être imprimées. îVaturellement on s'en empara aussitôt, d'autant plus qu'elles étaient faites pour l'Allemagne et, qvie, du reste, dans les points importants, elles ne s'éloignaient pas des constitutions générales. On les accueillit comme un bienfait, car chez les ermites de saint Augustin, il y avait une grande ignorance des coutumes et des habitudes. Dans la dédicace de la première édition des Constitutions générales (Vene-
Io8 BUT DE l'a>>ÉE de PKOB.VTIOX d'aPUÈS LUTHER
tutionsaux précédentes, parce que c'est d'elles que les nouvelles furent tir-^es.
Quel est le but de l'année de probalion'.' Nous l'apprenons dès la réception dans l'ordre, au chapitre i5, qui commence comme le chapitre 58 de la règle de saint Benoit * : a Si quelqu'un, quel qu'il soit, demande à entrer dans notre ordre, on ne doit pas le lui accorder aussitôt, mais plutôt éprouver son esprit, pour voir s'il est de Dieu. » Voilà donc « l'aptitude spirituelle », qui selon Luthei- devrait être mise à l'épieuve ; ce qu'il cherche en vain, prétend-il, dans la pratique des ordres. Quelques jours après, si le postulant ou les postulants ^ont fermes dans leur résolution, le supérieur leur pose au chapitre plusieurs questions : s'ils sont libres, non jnariés ; s'ils ne sont obligés à aucun service; s'ils n'appartiennent pas à un autre ordre et s'ils n'ont pas de dettes. S'ils sont en règle sur tous ces points, alors le prieur leur explique la rigueur de l'ordre dans tous les détails, et dans son énuniération on trouve tout ce dont Luther déplore l'absence : le genre de vie, la nourriture, l'habit. Mais sur le point qu'il mentionne avec indignation comme le but de
tiis, lâoS), dédicace adressée à Gilles de Vilerbe, voici ce que dit Gabriel, provincial de la province de Vénétie : « Ego intérim, ni aliqiiid pro viril i luea opis afTerani. lanquam vetula; niinuUun, velercs noslras insUlnliones negleclas anlea et vix a nostris hoiuiuibus .icilas olTcro ». Parfois, une province entière, — el non pas senlenient tel on tel couvent, — ne possédait pas un seul exemplaire manuscrit de ces constitutions ; ce qui arriva encore, comme on en a la preuve, pour les exemplaires imprimés.
1. « Noviler veniens quis ad conversionem non ei facilis tribualur ingressus, sed sicut ail aposlolus : probate s[)iritus, si es Ueo siuit». MiGKE, Pair. lat.. t. fiO, c. 8o3.