‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 119 sur 290 · RUT DE L A^'NKE DE PROBATIO^ D APRES LLTHER · texte numérisé non relu

RUT DE L A^'NKE DE PROBATIO^ D APRES LLTHER

l'année de probation à son époque, à savoir ré|iieuve de la chasielé, il n'y a pas là un traître mot, encore ({ii'on y parle de l'obéissance et de la pauvreté. Donc, lorsque le prieur a exposé aux postulants la sévérité de l'ordre et que ceux-ci se sont déclarés prêts à s'y assujettir, il leur dit : (( \ous vous acceptons à l'épreuve pendant une année, comme il est d'usage' », c'est-à-dire, comme le contexte l'indique : « ^'ous et Tious, nous voulons expérimenter pendant un an si vous êtes capables de vous soumettre aux règles et aux babitudesde l'ordre. » De fait, ils sont immédiatement remis au maître des novices : pendant cette année, il doit les guider dans les voies de Dieu, c'est-à-dire dans le cbemin de la vertu ; les instruire de la règle, des constitutions ou statuts (dans lesquels sont exposées la vie et la rigueur de l'ordre) ; enfin des coutumes et des habitudes. Eux-mêmes, ils doivent lire fréquemment les constitutions, pour connaître la loi sous laquelle ils auront à lutter, s'ils se lient à l'ordre par des vœux-. Et l'année de probation commence,

I. (( Prinr oxponat cis aspcrilatcm ordinis, srilicet abdicationcm propric \(iliinlalis, vilitatcm ciboriim, aspcritalcin vestium, vigilias iiocliirnas, labores diurnos, maccrationoni carnis, opprol)riinn panpcrtatis, riiborcm mendicilatis, lassitndincm jcjunii, Icdinm claiislri, et ihis simitia. Et de omnibus bis voluntatom oorum exquirat. Si rcsponderint se vcllc ciini Doi adjntorio omnia illa scrvaro, in quantvim Immaiia frafrilitas permiscrit, dical eis : accipicniiis vos ad proijationis annnm, sicnt nios est ficri. ))

■1. a Prior tradat cos snb obedienlia mag-islri, qui ipsos in via Doi dirigat et doccat de recula, de roTistitutionibus, de ofTicio, de cantn, de moriljiis, dé signis ac aliis Ordinis observanliis. Legatquc ipsis magister cornin, aut ipsimet sivo- quilibet conuri per •-r regulam et coustitutioncs scorSum ab aliis plnries in ar.uo, nt

I lO BUT DE L ANNEE DE l'ROBATION D APRES LUTHER

(( pendant laquelle, d'un côté, les novices auront ù voir quelle est la rigueur de l'Ordre, et de l'autre les frères auront à étudier leur manière de se comporter ' » .

Le chapitre 17 traite de l'instruction pendant l'année deprobalion. Dans lesconstitutioîis anciennes ou générales, il est dit, entre autres avertissements, que l'on doit mettre le novice en garde contre la mollesse, parce qu'elle est un danger pour la chasteté. Staupitz, ou quelqu'un avant lui, a même supprimé cette dernière phrase 2. Ainsi, dans ces constitutions, sous lesquelles vécut Luther, on évite toute allusion à la chasteté, même à cet endroit, où pourtant on ne la rappelait qu'incidemment.

L'année de probation écoulée, quand le novice était admis à la profession, c'est-à-dire à prononcer ses vœux, le prieur lui disait, en présence de tous les frères : « Cher frère, voici votre année de probation écoulée ; vous avez pu vous y rendre compte de la

discant, si se ordini professionis volo aslrinxerint, sub qua lege militare dcbebunt. Les constitutions générales n'ofifrent que des variantes insignifiantes. »

I. Au chapitre iG : «De tempore et quaiitate eorum qui ad ordinem recipiuntur », on lit, dans les constitutions anciennes ou générales : <( Novicius a die ingressionis sue ad nos usque ad annum et diem in probatione nianebit, ut asperitatcm vite seu Ordinis et fratres mores experiantur illius ». Staupitz, il est vrai, laissa de côté les mots a ut asperitatem... illius ■>■> ; mais uniquement parce qu'ils sont fréquemment répétés ; on les trouve déjà avant la vèture, puis ils reviennent im instant après.

3. Les anciennes constitutions (dans la Biblioteca Angelica, à Reims, à \ erdun : voir ci-dessus, p. 96, n. i) portent : « Delicias fugiat quia castitas periclitatur in illis ». Les mots à partir de quia ne se trouvent pas dans Staupitz.

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