DUT DE L ANNEE DE PROIÎATION D APRES LUTHER I I I
rigueur de noire ordre, car vous avez pris part à toute notre vie, à la seule exception du Conseil. » 11 n'y a pas autre chose? N'y a-t-il pas ceci, par exemple, comme il faudrait s'y attendre d'après les indications de; Luther : « Cher frère, voici votre année de probation écoulée : vous avez pu vous y rendre compte s'il vous était possible de vivre dans la chasteté, o 11 n'y a pas le moindre mot en ce sens. Le prieur continue, en exhortant les novices à voir, après d'aussi longues réflexions, s'ils veulent, oui ou non, se donner totalement à Dieu et à l'ordre '.
Mais le blâme de Luther atteint peut-être d'autres ordres ? Je n'en trouve aucun, ni parmi les anciens 2, ni parmi les ordres mendiants, par exemple les dominicains 3, ou les franciscains *. Dans tous.
I. Constit. Staupitii, c. 18, et HoLSïErdus, Codex re(jalariuin(i']bg), add. 34, p. 2, Il : « Care frater, ecce iempus probationis tue completuin est, in quo asperitatem ordinis nostri expcrtns es : fecisti namquc in omniljus nobiscum sicut nniis ex nobis prelerqiiam in consiliis. Nunc crgo e dnobus oportet te eligere nnum, sive a nobis discedere, vel secuio liuic renunciare teqiie totum Deo primum et dehinc Ordini nostro dedicare atqne oITerrc, adjecto qiiod, postqiiam sic te obtuleris, de sulj jugo obedientie collnm tunni quacunquc ex causa excutcre non liccbit, (jiiod sub tam morosa deliberatione, cuni recusarc libcrc posscs. sponte suscipere voluisti ».
:>. Voir MvBiLLOX, sur la règle de saint Benoît, dans Mig>e, t. (jG, col. 8o5 et suiv. ; le Spéculum monachoruin de l'abbé Bernard, p. 127 et suiv.
3. \'oir Demfle-Ehrle, Arcliiv fiir Litleralur-uiid Kircheiigi'Schichte des Mitlelalters, 1, 202, c. i5 ; V, 5'|2, n. i.
'4. S. Bo.wvENTLRE, dans la Ffeg. Fr. Min. (0pp. éd. Quaracchi, VIll, p. 4oi, n. 12) dit : « In quo anno possunt experiri afflictiones frigoris et caloris ». D'autres donnent des explications du même genre.
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l'année de probation sert à la fois aux novices pour expérimenter la rigueur de l'ordre, et au couvent pour étudier les novices. Chez les bénédictins et les dominicains, la formule de profession ne fait pas la moindre mention de la chasteté ; on y promet seulement l'obéissance. Du reste Luther se réfute luimôme. Si, dans les ordres, l'année de probation avail eu comme fin exclusive l'épreuve de la chasteté, le but de l'entrée dans les ordres aurait été aussi la chasteté. Or, c'est ce contre quoi Luther proteste dans le même ouvrage : u Personne, dit-il, ne se fait moine en vue de la chasteté * ». Finalement Luther est réfuté par une religieuse échappée de son couvent de Xeu-Helfta, Florentine d'Oberweimar ; dans sa biographie, qui parut, en loa/i, accompagnée d'une préface de Luther, elle déclare que l'année de probation avait eu pour fin « de nous permettre d'apprendre les usages de l'ordre, et de permettre aux autres de nous éprouver, pour voir si nous étions aptes à rester dans l'ordre ~. » Telle était aussi la manière de voir des théologiens '-^.
11 est du reste certain que la vie et les rigueurs de l'ordre servent aussi à garder la chasteté, et en général à vaincre les vices et les défauts ; car, comme l'enseigne
1. n .Vciiio proplcr caslilatcm induit monacliuni. » Wcim., VIII, p. 05 1, 21.