LES VOEUX DÉTACHENT-ILS DU CHRIST
excellence était que l'on ne peut résister aux impulsions de la nature et qu'il faut les satisfaire.
Mais les reproches de Luther valent peut-être pour d'autres ordres? Saint Benoît commence ainsi le prologue de sa règle : « Ecoute, mon fils, les préceptes du maître ; prête attentivement l'oreille de ton cœur ; accueille avec joie l'admonition d'un père craignant Dieu et mets-la en pratique, afin que, par le travail de l'obéissance tu retournes à Celui dont tu t'étais éloigné par la paresse de la désobéissance. C'est donc à toi que s'adresse ma parole, à toi qui après avoir renoncé à tes propres volontés pour marcher à la suite du Christ ton Seigneur et ton vrai Roi, prends en main les armes très fortes et très belles de l'obéissance '. » Ainsi, nous trouvons là simplement ce que nous savions déjà par les constitutions de l'ordre des Ermites. La règle de saint Augustin, selon laquelle vivaient tant d'ordres et Luther lui-même, commence par cette exhortation aux frères : « Par-dessus tout, très chers frères, aimez Dieu et aimez le prochain, puisque Dieu nous en donne tout spécialement le commandement. » Très bien ! Le but suprême de l'ordre est donc l'accomplissement du précepte d'aimer Dieu et le prochain. Toutes les lois, tous les vœux, tous les usages n'ont d'autre but que d'être d'heureux moyens pour atteindre la perfection de l'amour de Dieu et du prochain 2. Us ne
1. MiGNE. Pair. lut., t. Gij. coll. 2i5-2iG. \'oir aussi, ci-dessous, ch. VII.
2. Voir ci-dessous, les ch. VII et VIII, où je traite directement ce sujet, en l'envisageant au point de vue catholique contre Luther et les protestants.