‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 159 sur 290 · NEGLIGENCE DANS LA PRIERE · texte numérisé non relu

NEGLIGENCE DANS LA PRIERE

un cœur pur • ». Le divin Sauveur lui-même conseille la vigilance et la prière persévérante pour ne pas succomber à la tentation 2. Peu de temps avant son écrit sur les vœux, Luther lui aussi connaissait parfaitement ces moyens ; il recommandait la prière, la méditation de la passion du Christ et de la parole de Dieu comme la plus puissante protection contre les sollicitations de l'impureté 3. Et quelques années auparavant, comme moyens infaillibles contre l'ardeur de la chair, il présentait encore la vigilance et l'ardeur de l'âme*. J'ai dit qu'alors il connaissait encore ces moyens, mais je n'ai pas dit qu'il s'en servît beaucoup ; dès i5i6, de son propre aveu, il trouvait rarement le temps nécessaire pour réciter son bréviaire, la prière obligatoire, et pour dire la messe. Dès lors se vérifiait pour lui tout ce qu'il confessait en i5ao : (( Je sais que je ne vis pas conformément à tout ce que j'enseigne^». 11 ne mettait pas en pratique ce qu'il enseignait aux autres. Luther était tout autre chose qu'un homme spirituel et un homme d'oraison, et bien moins encore un mystique. Comme beaucoup de ceux qui le suivirent. Pellican par exemple, il s'enfonça dans ses travaux scien-

1. <( Ure ipnc S. Spiritus rcncs noslros et cor nostriim. Domino ut tibi caslo corpore serviainuset mundo corde placeamus ». Missa in tenlationc carnis. — Au temps de Luther cette prière se trouvait aussi dans le missel de son ordre, ainsi que dans son bréviaire, où elle figurait comme oraison après les litanies des saints.

2. Marc. l'i. 38: « Vigilate et orate, ne intretis in tenlationem ». Luc. 21, 3G «Vigilate itaque, omni lempore oranles ».

3. Voir ci-dessus, p. 22, et ^^"eim., I, '188. h. Ci-dessus, p. k].

5. « Scio quod non vivo, qua^ tloceo». Enders, II, 3i2. Se.neca, De vila beala c. 18 : (( Aliter loqucris, aliter vivis».

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