NEGLIGENCE DANS LA. PIUEKE I
c'est ce qui s'est vérifié poui' Luther lui-même. Dès iSiQ. dans une lettre à son supérieur Staupitz, il fait entendre d'étranges lamentations : « Je ne suis qu'un homme sujet à nie laisser entrai/ier par la sociélc, l'ivrognerie, les mouvements de la chair, la négligence et autres importunités, auxquelles s'adjoignent celles qui proviennent de ma charge* ».
En janvier de la même année, il nous dépeint son état d'âme sous des couleurs plus vives encore ; il dit dans un sermon sur l'état du mariage : (( C'est une lutte atroce (contre la virginité et la chasteté). Je l'ai bien connue. Je pense que vous aussi vous devez la connaître. Oh ! oui, je la connais, alors que le diable arrive, qu'il excite la chair et l'enflamme. C'est pourquoi, avant de s'engager à vivre dans la chasteté, chacmi doit y penser sérieusement et voir s'il en est capable ; car, lorsque le feu s'éprend, je sais ce qu'il en est ; quand l'attaque arrive, l'œil est déjà aveuglé », etc. (( Je n'ai pas en moi ce qui est nécessaire pour vivre dans la continence ». Des livres entiers, continue-t-il, ont été écrits sur la manière dont on doit arriver à se contenir; sur l'être sale et fangeux qu'est la femme ; le poème d'Ovide Du Remède contre l'Amour tend à ce but, encore que cette lecture ne laisse pas que d'exciter davantage. « Lorsque la tentation vient et que la chair s'enflamme, tu es déjà aveuglé, que la femme soit belle ou non : à défaut d'eau, l'on est quelquefois heureux d'avoir du pu-
I. Enders, I, /i3i : « Homo sutri expositiis et involutns societati, crapnlip, lilillationi, negligcntia? aliisqtie molcstiis prinler oa quae ex oiricio me [irenuint » (20 février lôuj).