NÉGLIGENCE DANS LA PRIÈUE
rin^ ». De là à l'état où Luther se trouva en 1021, alors que l'incendie de sa chair l'éblouit complètement, il n'y avait qu'un tout petit pas à faire.
Luther a suivi ici le chemin qu'ont suivi et que suivront toujours ces moines ou ces religieux qui, en fin de compte, rompent la foi jurée à Dieu et se marient. C'est le chemin que décrit saint Bernard : D'abord, dit-il, c'est la nonchalance et la négligence dans la prière, et comme conséquence le refroidissement intérieur; la grâce diminue; avec la grâce et par suite de ce refroidissement se perd la fraîcheur spirituelle ; le discernement s'assoupit ; les exercices de l'ordre, qui semblaient autrefois faciles, deviennent à charge; les joies sensuelles séduisent et plaisent ; on rejette ce qui est bien, on perd la crainte de Dieu. « Pour finir, on dit adieu à toute pudeur, et l'on s'enhardit à faire le pas suprême, pas téméraire, honteux, infâme, plein d'ignominie et de confusion, qui des hauteurs snljlimes nous jette dans l'abime ; du pavé, dans le fumier; du tronc, dans le cloaque ; du ciel, dans la fange ; du cloître, dans le siècle ; du paradis, dans l'enfer- )).
1. AVeim., 210, '1. Comme on le sait, le sermon fut imprimé à l'insu de Luther et contre sa volonté. Voir sa lettre dans Enders, II, 12 et 16, n. 33. Il suscita du scandale. Ainsi par ex. Ch. Schelrl, un adorateur de Luther, écrivait à Amsdorf, le 10 avril 1619: « Legimus multa Martiniana, quiP amicissimis plus probantur quain sermo de conjwjio, utpotc casta, modesta, pudica, séria, qualia theologum décent». Driefbuch heiausjegeben von Knaake, II, 80. Naturellement Luther publia ensuite ce sermon avec des corrections et des suppressions. Wcim., II, lOG.
2. Sermo 63 in cant., n. G. Je ne rapporte en latin que la conclusion : « Datur postrcmo impudcntiœ manus : pra^sumilur ilie temeraritis, illc pudendus, illc tiirpissimus, plenus illc igno-