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la tète, dont cnfuiite, comme on vient de le voir, il a indiqué la vraie cause.
J'omets d'autres témoignages du même genre ', pour en venir à celui du pharmacien d'Eisleben qui examina le corjjs de Luther après sa mort. Le i- février iS/jOau matin, ce pliarmacien fut appelé en toute hâte près de Luther, qui venait de mourir ; sur l'ordre des médecins il devait lui administrer un clystère, afin d'essayer de le rappeler à la vie. Ainsi fut-il fait. « Après avoir donc introduit la canule, le pharmacien entendit des vents sonores se décharger dans le récipient du clystère : ils venaient de ce que, par suite d'excès dans le boire et le manger, son corps était rempli de sucs corrompus. Luther avait en eflet un ordinaire copieux et
I. Iiicidemnient je me Ijorne à rapi^elcr que dans une lettre du 18 mars i335 Liitlicr signe Docior plemis (orig'. dans le Cod. Vat. Ollob., 3o2(j ; Enders, X, iSy). Dans cette lettre 11 se plaint do ce que, «par faiblesse de santé», il ne peut plus aller souvent se distraire au milieu des étudiants, en buvant de la bière. « La bière est bonne, la fille est belle, les compa'jnons sont jeunes ». Mais il aimait mieuv le vin, conformément au proverbe des prêtres corrompus de l'époque précédente, dont on dit, dans le Lai'acriim conscient iœ (du xv' siècle) ; (c 'S'ininn et mulieres apostare faciunt sapientes ». (Ecoles. 19, 2). Et si vinum deest, clamant pro vino alla voce dicentes : absquc vino et mulieribus nemo letabitur.
On frawen uncl on wein, Mag niemant frolich gesein.
Sans la femme et le vin On vit dans le chagrin.
(s. 1., et a. fol. iS"». Sur cet ouvrage voir ci-dessus, p. l'io-
C'est peut-être cette lettre qui a fait quelquefois attribuer à Luther les vers suivants :
Wernicht liebt wein, weib, gesang, Der bleibtein narr sein lebiin lang ».
Sans le vin, les chants et les amours. Bien fou qui croirait passer d'beureux jours.
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une surabondance de vins doux et étrangers. On rapporte qu'il buvait chaque jour à midi et le soir un sétier de vin doux et étranger^. » Faut-il encore ne pas prendre cette affirmation au sérieux alors pourtant que le document en question nous est donné comme le témoignage irrécusable que Luther est mort d'une mort naturelle. Ce récit est au contraire le meilleur commentaire d'un mot de Luther dans une lettre du 2 juillet lô^o, à Catherine Bora : c Je bâfre comme un Tchèque et je soiffe comme un Allemand 2. »
Que par son penchant à la boisson Luther ait été un fils de son temps, et qu'il ait eu une nature fortement portée au plaisir, c'est ce qu'aujourd'hui les protestants eux-mêmes ne nient plus 3. Du reste comme déjà dans la première édition, ce n'est qu'en passant que je traite ici ce « côté faible », ce « revers de la médaille du (( surhomme* ».
§ G. — Luther raille le recours à la prière clans les plus violentes tentations.
^lalgré tout, pour Luther comme pour qui que ce soit, il était possible de se sauver s'il avait eu recours à la
1. \'oir le tlociimcnt dans 1\\ii.ls, Liilhers Lebensendc und der EisU'boner Apolhclier Joliann Landau (Maiiiz, 1896), p. 5.
2. Blrckhard, Martin Luthers Briefwechsel (18G6), p. 3.37, éditée d'après Toriginal. Dans une autre lettre du lO juillet (de AVette, V, 298), Luther a atténué le passage (u pas beaucouii po\irtant », <( pas en grande quantité, pourtant»). \'oir à ce sujet l'intéressante polémique de J.v>'sse>' {Ein Zweites }]'orl an meine Kriliker, i883, p. (32-63) coïitre Kôstlin.
3. Par c\, SEEnERG dans la Neue Preuss. Zeilunij, 1903, n. 5O9. 'i. "Voir ci-après pour plus de détails le cli. XIll, § 8.
LLTHER UAILLE I,E RECOURS A L\ PRIERE 103
prière. V la A\ artbourg surtout il aurait eu le temps de rentrer en lui-même et de se tourner vers Dieu. Mais que nous apprend-il alors sur son intérieur ? Le 9 septembre lôsi il écrit à Spalatin : « Je suis un pauvre malheureux qui devient toujours plus tiède. Je suis toujours somnolent et paresseux pour prier. Prions et veillons afin de ne pas entrer en tentation ^. o Il faut donc prier et veiller ? Mais quelle est cette tentation qu'il a en vue, à laquelle il ne veut pas succomber? Sans doute celle d'impureté, contre laquelle alors, plus que tout autre, il aurait eu besoin de la force de Dieu ? Pas le moins du monde, mais celle de s'endormir dans la lutte contre l'Eglise et contre le Pape. Luther était au contraire formellement opposé à ce que dans les tentations impures et dans le feu de la passion, les prêtres et les religieux dussent demander à Dieu sa grâce pour en être délivrés. Contre les désirs de la chair, il ne connaissait plus qu'un seul remède, au risque même d'être infidèle à Dieu : c'était de s'unir à une femme -.
11 écrit notamment dans son livre sur les vœux monastiques : a Vous me direz peut-être ici, comme ont coutume de le faire quelques niais, que le souci des âmes laisse complètement indifférents : c II faut prier Dieu de nous accorder sa grâce, qu'il ne refuse à personne ? » Très bien ; mais pourquoi n'avez-vous pas