‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 178 sur 290 · LES CHIENS ET LES POBCS · texte numérisé non relu

LES CHIENS ET LES POBCS

dans leurs cloilres ces religieuses gardent la chasteté, et que c'est à regret qu'elles virent sans hommes. Or, si elles sont là malgré elles, elles se perdent pour cette vie et pour l'autre ; elles n'ont droit qu'à Tenfer, sur la terre et dans l'autre monde... Mais là où ne se trouve qu'une chasteté forcée, la nature n'abandonne pas son œuvre ; la chair produit la semence, selon l'ordre établi par Dieu ; et selon leur nature elles aussi, les veines font leur travail. Alors vient la semence, et le péché secret que saint Paul nomme l'impureté et la mollesse^. Et puisqu'une triste nécessité m'oblige à le dire crûment, comme l'écoulement ne se fait pas dans la chair il se fait dans la chemise. Puis d'ordinaire, l'on a honte de confier ces misères et de les confesser. 11 s'ensuit que ces religieuses t'injurient dans leur cœur, toi qui les a mises au couvent, qu'elles injurient Dieu lui-même ; elles maudissent leur état et sont irritées contre tous ceux qui ont contribué à les y pousser ; dans une telle extrémité, ces pauvres malheureuses prendraient volontiers en mariage un fils de berger, elles qui autrement auraient peut-être à peine accepté un comte. Voilà où voulait en venir le diable, lorsqu'il t'enseignait à réfréner la nature, à la contraindre, elle qui ne veut pas subir de contrainte 2. » « Les œuvres de Dieu nous disent avec évidence que les femmes doivent servir au mariage ou à la prostitution ! 3 »

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