IO LUTHER ET LA POLYGAMIE
lippe, au contraire garda ses deux femmes à la fois. Le landgrave se montra reconnaissant envers Luther pour sa (( Consultation » : 11 lui envoya un tonneau de vin du Rhin. Le 24 mai i54o, Luther l'en remercia fort humblement : « Que Dieu, notre cher Seigneur, conserve et garde "Notre Grâce heureuse dans son corps et dans son âme. Amen ' 1 »
^lais en juin la bigamie du landgrave s'ébruita, et alors, en avant les mcnsoiujes ! Philippe cependant se montra plus correct que ses (( conseillers ». Bucer, le dominicain défroqué, lui conseilla de nier en public son double mariage : le Christ et les apôtres, eux aussi, avaient eu recours aux mensonges nécessaires -. Le landgrave devait obliger sa seconde femme à un contrat « par lequel elle passerait pour une concubine, du genre de celles que Dieu avait permises à ses meilleurs amis'-^ )). Et comme il ne voulut pas entendre parler de ce mensonge, Bucer lui répondit : a Si Votre Grâce
dessus, p. 170-171. — Chez 1ns Zwingliens, c'étaient les mêmes mœurs. L'une après l'autre, le prêtre apostat Louis Hetzer en était arrivé à prendre ihu:e femmes. Heureusement, l'autorité temporelle était plus morale et plus sévère cpie les prédicants, et il fut décapité. Voir Dôllt>ger, Reformalion, I, 203.