LUTHER ET L.V POLYGAMIE
Saxe '. La cérémonie fut faite par Denis Mélanche, un dominicain qui avait adhéré à Luther et qui, lui aussi, avait signé la Consultation-. » Il s'était marié trois fois ; il était donc tout désigné pour présider au mariage du landgrave. Il n'y avait entre eux qu'une légère différence : c'est que Mélandre avait abandonné ses deux premières femmes et qu'il en avait pris une troisième, alors que les deux autres étaient encore vivantes^ ; Phi-
1. Ici, une lépcrc variante a été introduite conformément à uni' indication tle VEiTatuin (N. d. T.).
2. \"oir snr lui une brève esquisse biographique dans AVeyer- M.V.NN, Nachrichteii voii Gelehrten, Kiinstlern und anderen merkwiirdigeii Personen mis UUn (Ulm, 1798), p. 388 et suiv. On y lit qu'il s'était fait de son ordre luie idée trop haute : c'est pourquoi il quitta son monastère d'LIm I On n'y dit rien de ses trois femmes ; mais on ne manque pas de célébrer son sens évangéliquc et sa situation d'inspecteur de l'Eglise luthérienne de Cassel. Sur le triple mariage de Denis Mélandre, voir Zeitschrift fiir die hislorische Théologie, t. 22, 273.
3. A l'époque toutefois, ce fait, et d'autres semblables ne produisaient plus d'étonnement : ils étaient trop communs. Au sujet de bruits de ce genre, Erasme écrivait en 1320 : « Quid attinet, cuni vulgo narrentur .^... Ego novi monaclmm, qui pro uiia duxeril 1res; novi, sacrificum virum alioquin probum,qui duxit uxorem, quam post conipcrit alteri nupsissc. Similia perinulla de monachorum et monacharum conjugiis refcruntur, qui diictas repiidiarint eodein jure, quo duxerani », etc. 0pp. t. X (Lugd. Batav., 1706), p. 1G19. Comment pouvait-il en être autrement.^ Sans le Christ il n'y a que discorde et querelles. C'est ce (jue reconnaît lui-même l'apostat franciscain Ebcrlin de Gunzbourg : « Quand un moine ou une religieuse ont été trois jours hors de leur couvent, ils ne s'arrêtejit pas là : ils se marient a\ec des filles publiques et des i:)olissons qu'ils ne connaissaient pas la veille, sans aucune vue surnaturelle, sans prière ; et c'est aussi ce que font les prêtres; ils prennent ce qui leur plaît. Alors, à un petit mois d'embrassades succède une longue année d'égraligiiures ». Ein freundtlichs Zuschreyben an aile Stendt teutsclier Nation, etc., i52.'i. {Sdmllirke Scliriftrn, éd. Enders, III, 1902, lotJ), \"oir aussi, ci-