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à plusieurs reprises. Il s'exprime de telle manière qu'on ne voit pas comment, dans le cas de « nécessité », et après en avoir obtenu « l'indulgente autorisation en confession », un homme marié qui. garde une concubine commet encore un adultère '. Alors, suivant sa propre expression, la concubine devient une « concubine conjugale'- » ; le mari « peut dormir avec elle comme avec sa femme légitime ; il n'est pas obligé de l'éloi-
1. Ainsi, jiar exemple, dans la Note du 20 juillet ij'io : « Le landgrave devrait bien se dire que c'est assez pour lui do pouvoir ■en toute conscience garder secrètement sa maîtresse, coni'orniémcnt à la Consultation que nous lui avons donnée d'après sa confession ». De Wctte, YI, 273. Peu de temps auparavant, il écrivait qu'il n'aurait pas donné cette Consultation, s'il avait su « qu'un mariage public devait s'ensviivre », qu'une landgrave devait en sortir, ce qui no pouvait évidemment se souffrir et que tout l'Empire trouverait intolérable. « Puisque par la faiblesse de la chair, le landgrave avait été amené autrefois à vivre scandaleusement dans le péché avec des femmes sans honneur, (c'est-à-dire à avoir des mœurs dissolues, qui, par parenthèse, lui avaient fait contracter la syphilis), je comprenais et j'espérais que par exemple il aurait en secret dans une maison une honnête fille, qui lui aurait été unie par un mariage secret (quoiqu'aux yeux du monde celte union eût été réputée illégitime); de temps en temps, quand une grande nécessité l'y aurait poussé, et pour la tranquillité de sa conscience, il serait allé chez elle, selon la pratique fréquente des grands seigneurs. » J. K. Seidemann, Lautcrbachs Tagebuch (Dresde, 1872), appendice, p. 198, note. ADir cidessus, p. 2i3 et note 2.
2. Le a'i juillet, il donnait au landgrave cet enseignement religieux : (( Pourquoi Votre Altesse s'obstine-t-elle à ne pas \ouloir tenir sa maîtresse pour une simple courtisane ? Maintenant, avant que le Conseil devienne public, vous êtes pourtant obligé d'accepter qu'aux yeux du monde elle soit une entretenue, bien qu'à nos yeux à nous trois (Luther, Mélanchlhon et liuccr) c'està dire aux yeux de Dieu, elle soit ^ra^menl une concubine conjugale ». De Wclte, W, 275-2713,
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gner^ ». Combien de maris y avait-il alors en Allemagne dans la situation du landgrave? « Assurémenl, Luther et Mélanchthon n'avaient pas le pouvoir de rien établir contre le droit public, droit fort recommandable : mais en secret, pour les besoins pressants de la conscience, c'était leur devoir de donner d'autres conseils 2 ». Combien de fois leur est-il arrivé de regarder comme de leur devoir de venir au secours des maris, dans « les besoins pressants de leur conscience », et de leur permettre en secret une u concubine conjugale ! »
Les principes odieux d'après lesquels, à cette date tardive, Luther se conduisit dans cette triste affaire, avaient été professés par lui en substance dès qu'il s'était intérieurement séparé de l'Eglise. C'est en 1020 qu'il avait écrit : « J'ai ime telle horreur du divorce que je lui préfère la bigamie ."je n'ose pourtant alïirmer qu'elle soit licite 3. .> Mais lorsqu'il eut posé le principe qu'on ne peut résistera l'impulsion de la nature, il put mettre un terme à ses hésitations, en remarquant que la polygamie n'était pas contraire à l'Ecriture sainte; pour lui, il ne pouvait pas la défendre, encore qu'à cause du scandale et par décence, il ne voulût pas la con3eiller *. « C'esf au mari lui-même, écrit-il, à s'assurer, dans sa propre conscience, fermement et avec certitude, et en s'éclairant de la parole de Dieu, que cela lui est permis. Qu'il cherche donc ceux qui, à l'aide