‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 194 sur 290 · C'est-à-dire de l'Eglise luHiériennc · texte numérisé non relu

C'est-à-dire de l'Eglise luHiériennc

2. De même dans l'avis du 19 ou 20 juillet. Le landgrave devrait « envoyer » sa seconde femme ((dans un autre lieu, afin que le peuple fit moins attention à elle ; il pourrail aller la voir fin secret, aussi souvent qu'il le désirerait; et pendant quelque temps, il garderait d'autant plus souvent et plus longtemps sa première femme (sa femme légitime) avec lui. » Kolde, Analecta Lutherana, p. 363.

3. Lcnz, I, 3-3. Dans la A'o/cpublii'c par de Wette (T. VI, p. 272- 273), Luther parle dans le même sens : « Si l'on produit en public la ConsuUation que maître Philippe et moi nous avons donnée, j'aime mieux la rejeter que de la défendre publiquement. Car ce n'est pas une consultation publique et si elle est publiée, elle devient nulle par là-même. Ou si celte explication ne sufTisait pas (si contrairement à la réalité, l'on voulait voir là une consultation et non une prière), j'aimerais mieux avouer que je me suis trompé, et que j'étais fou, et je demanderais pardon ; car le scandale serait trop grand et intolérable. )) (20 juillet i5io).

(>'. d. T.) : >«'ous avons traduit littéralement l'incidente : « Si

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Le 17 juillet le Réformateur alla plus loin encore : il y avait, dit-il, beaucoup de choses convenables devant Dieu, qu'il fallait pourtant supprimer aux yeux du monde. S'il fallait nécessairement avouer tout ce qui était juste devant Dieu et que le monde ne reconnaissait pas comme tel, on devait laisser au diable le soin de le faire. C'était une plaisanterie de prétendre que le landgrave ne pouvait dire quelques gros mensonges ! Il ne s'agissait ici que d'une maîtresse. S'il s'entêtait dans son dessein, il perdrait son peuple et son pays. « Un mensonge nécessaire, un mensonge utile, un mensonge secourahle, aucun de ces mensonges n'allait contre Dieu, et il les prenait sur lui ». Ils avaient donné cette dispense au landgrave à cause du cas de nécessité. Lui et les siens d avaient émis Vavis de tolérer que le landgrave gardât sa maîtresse, mais qu'il le fit secrètement, et en niant cette autorisation^ ». « Pour le bien de la chrétienté et de tout le monde-, » il ne devait se faire aucun scrupule de dire im nwnsonge au sujet de sa maîtresse.

C'est un effondrement ! A peu de chose près, Luther dit ici ce que nous avons entendu dire à Bucer ^ sur la légitimité des concubines ; et le Réformateur le répète

l'on voulait voir là une consultation et non une prière >>. Luther veut dire, croyons-nous, que son Conseil de conscienre nvlAil p;is une décision devant faire <( jurisprudence )>. mais une sini|ilc condescendance à vme (( prière», à tine sollicitation du landjrrave. Dans les pages suivantes, Ton trouvera en ce sens d'autres paroles de Luther.

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