‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 197 sur 290 · De Wctte. VI · texte numérisé non relu

De Wctte. VI

'i. Weim., XXIV, 3o5, Voir ci-dessus, p. .'10, n. 2 et surtout opp. var. artf. IV, 3G8, où Luther énumère la polygamie parmi les institutions de l'Ancien Testament, qui dans le Nouveau ne sont ni défendues, ni commandées, mais laissées libres (1Ô28). En lôSg, il écrit que la polygamie, en particulier, n'est pas défendue dans VEmngite. De AVelte, VI, 2'|3.

/i. Enders, 1\, 1)3; cf. p. 88. Douze jours auparavant, Mélanchthon s'était exprimé dans le même sens, Corp. Réf., II, 528. Contre la supposition d'Enders que le pape a proposé le même expédient, voir N. Pallus, dans le Su[jpléntenl litk'raire n° 48 (ujoS) de la Kôlnisclic \'ollis;eUiiny.

5. Voir X. P.vuLUs, loc. cit., n" 18, où il fait remarquer avec raison que c'est Luther qui le premier a permis la polygamie.

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Cette afîaire présente pour nous un autre intérêt : elle nous amène à étudier l'attitude de Luther à l'endroit du jnensoiu/e, de la rase et de la fourberie. >'ous le voyons y appliquer de la manière la plus basse la maxime : La fin justifie les moyens. Je dois reconnaître que sur ce point les écrivains protestants, et spécialement Kawerau, stigmatisent sa conduite '. Mais pourquoi restent-ils à mi-chemin? Pourquoi considèrent-ils comme un fait isolé les principes sur le mensonge, émis par Luther en lô^o? Pourquoi ne se sont-ils pas pose celte question : Est-il possible que, tout à coup, un homme en arrive à des assertions aussi immorales ? Dans des circonstances antérieures, ne rencontre-t-on pas déjà chez lui les mêmes dispositions ?

En i53o Luther écrivait à Mélanchthon au sujet de leur attitude à l'égard des catholiques à la diète d'Augsbourg : a Si nous échappons au danger et que nous obtenions la paix, nous remédierons iacilcmcnl à nos artifices et à nos faux pas, parce fine la miséricorde de Dieu règne sur vous"-. » En quoi ces paroles

tandis (lu'aiicun Hrjolopicn dn moyen âge n'a prétendu qu'elle fût permise dans le ?sou\eau Testament. Pour S' .\uyustin, voir ci-dessous, ch. XIII, § 0.

1. Dans le Jahrcsherichl fiir iwiiere dimlsche Litcraturgeschichte (Stuttgart, i8ç)3), II, 180. (.onime Ivostli.n (Martin Luther, 3" éd., )I, /i8i, /|80), Bezold lui aussi (Geschichte der deulschcn Reforiimtion, 181J0, p. 790) déclare que le double mariage de Philippe, etc.. est « la tache la plus noire dans l'histoire de la réforme allemande. »

2. « Si vim cvaserimus, pace obtcnta dolos ac lapsus nostros facile emendabimus, quia régnât super nos misericordia ejus. » Enders, VIII, p. ^35. Dans quelques recensions, après ci dolos» on trouve « et mendacia ». Toutefois, la rccension du Cod. Palat. Lai. 1828, fol. iSB"", elle non plus, n'a pas «mendacia ». Mais ce mol n'est pas nécessaire ; « dolos » sullit parfaitement et dit davantage.

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du Rcformaleur dirrèrent-clles de ce qu'il disait en i5^o, que pour le bien de l'Eglise l'on peut hardiment faire un mensonge? Ici il emploie le mot de mensonge; là, celui de ruse, d'astuce, d'artifice ^.

Sur ce terrain, toujours u pour le bien de l'Eglise chrétienne », Luther était passé maître. Le 4 juillet 1024, il donnait de singulières instructions à l'apostat franciscain Buismann, pour que tout doucement le peuple fût amené à pousser le grand maître de l'ordre teu tonique à se marier et à se faire une véritable principauté. Avec Paul Speratus et Jean Amandus « Brismann devait travailler à faire naître cette idée dans le peuple, non pas tout d'un coup et brusquement, mais d'une manière insinuante et sous forme d'interrogation. Ils pourraient, par exemple, développer le thème suivant : puisque c'est un fait reconnu que l'Ordre est une abominable hypocrisie, il serait très bien que le grand maître se mariât, ainsi que les autres chefs, et qu'avec l'assentiment du peuple il sécularisât les domaines de l'Ordre. Puis, après avoir quelque temps discuté et conféré à ce sujet, lorsque Brismann et ses deux compagnons verraient les esprits se ranger à leurs idées, alors ils parleraient ouvertement et ils allégueraient de multiples raisons pour presser l'affaire, et l'amener à exécution. Je désirerais assurément, ajoute Luther, que l'évèque de Samland (Georges de Polentz, qui déjà s'était rallié à lui), en fît autant ; mais comme la prudence est nécessaire, // semblerait plus sur qu'en apparence l'évèque attendît pour se

1. Seidemanx dans (Je Welle, VI, 55(3, traduit par maiiipdvres ; et Enders approuve ce palliatif.

décider. Enfin, quand le peuple se serait rangé à cet avis, l'évêque lui-même suivrait, comme vaincu par la force des arguments, et il appuierait ainsi le mouvement de son autorité. » Naturellement, pour exécuter ce projet perfide et séducteur, le Réformateur implore l'aide de Dieu *. En outre, tout le monde sait par quelles astuces Luther et Mélanchthon en arrivèrent à l'abolition de la messe.

Cette tendance de Luther se retrouve partout. Le 24 juillet i5Z|0 il informait le landgrave que dans tout ce qu'il venait de dire, il n'avait en vue que d'empêcher la publication du fameux u Conseil de conscience » ; il n'y songeait pas le moins du monde à sa propre personne ; car, ajoutait-il « quand je voudrai me mettre à écrire, je saurai fort bien me tirer d'affaire et laisser Votre Grâce s'embourber'^. » Seize années auparavant, en i524, Carlstadt, faisant allusion à cette tactique, lui répondait : d C'est votre spécialité de parler toujours de manière à sauvegarder votre réputation et à rejeter l'odieux sur les autres 3. i) C'est ainsi que Luther a agi, en 1021, dans sa controverse avec Emser * ; et dès 1619 dans celle avec Jean Eck.

Cette fausseté, qui en i54o s'est dévoilée à tous les yeux avec des tons si crus, se manifestait déjà en i52o lorsque, le il\ octobre, il convenait avec Miltitz, non moins coupable que lui, d'écrire une lettre au

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