De VVette, VI
■i. Weini.. XV, 33(1.
!\. Xattirelloraent ce n'est pas Luther, mais Emser que Kawcrau accuse de fausseté. ^Vcim., ^ III, 24^
pape; dans cette lettre, il devait raconter la genèse de son opposition, en rejetant tous les torts sur Jean Eck; puis en toute humilité, il se déclarerait prêt au silence si les autres se taisaient aussi ; de cette façon, il paraîtrait ne rien négliger de ce que l'on pouvait attendre de lui pour hâter la paix à tout prix K C'était pure habileté : Eck avait rapporté de Rome la bulle d'excommunication ; le 21 septembre, cette bulle avait été publiée en Allemagne, et Luther l'avait lue : sa lettre n'avait pour but que de tromper le pape ; pour l'amener à se tenir tranquille, la lettre fût antidatée du 6 septembre c'est-à-dire d'une époque où, en Allemagne, l'on n'était pas encore nettement inl'ormé du contenu de la bulle-. De cette façon l'iimocencc de Luther devait éclater, et les accusations de Eck, qui ne furent pas sans influence sur la composition de cette bulle, paraître dénuées de tout fondement.
On n'en est plus à ignorer la valeur de l'humble lettre de soumission que Luther écrivit au pape le 5 ou le G janvier iôiq. Dans son for intérieur, depuis la fin de i5i8, il tenait le pape pour l'antechrist, et il le disait à ses amis intimes ; mais, en parlant au pape, il
1. Ail commencement de lôuj, I^iUhcr dit lui-même que pour sa discussion avec Jean Eck, il a préparc un piège, et cju'il veut le prendre par ses propres paroles. (Enders, II, /( et suiv.). A un écrit contre Jean Eck il ajoute en appendice a'i articles liérétiques qu'il prétendait avoir tirés de ses assertions et négations et de celles des franciscains du Jiiterbogk. Pour qui sait comprendre, une simple lecture sullit jiour \oir avec quelle habileté il les a t'abriquces et comment il a falsifié les expressions de son adversaire. Weim., II, 652.