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2. En 1Ô28. Otto Pack, chancelier du duc Georges de Saxe, avaib communiqué à Philippe de Hesse la copie d'un traité que Georges et d'autres princes catholiques, disait-il, avaient conclu pour anéantir les protestants. Mais Pack ne put jamais fournir ni l'original du traité, ni la moindre preuve qu'il eût existé. (N. d. T.).
d'un tel homme pour répandre son Evangile ' . D'autres, qui connaissaient Luther, s'expriment de la même manière à son endroit -. Et c'est ce que moi aussi j'ose alTirmer sans crainte : les études consciencieuses et absolument impartiales que j'ai faites sur lui m'autorisent et m'obligent à porter ce jugement.
§ 9. • — Bouffonneries de Luther.
Quand on lit les écrits de Luther, il est impossible de n'être pas stupéfait de la légèreté cynique et sans exemple, avec laquelle il a traité les questions qui, pour lui et pour ses adeptes sortis de l'état ecclésiastique, étaient capitales pour leur éternité. Mais quand on connaît sa tendance à la bouflbnnerie, on éprouve moins d'étonnement. A la vérité il est des protestants, comme Ecckex, qui trouvent à admirer
1. Lettre du duc (îoorgcs, dans Houtleher, Voti den l'rsacheii des deutsclu'ii Krieges Kaiser Karls dus filiit'ten {Fran\^inri a. M. 1G17), p. Go/i, GoO.
2. En ib-2't 'Slûyy.ER disait do Liitlicr icqu'il mentait jiarla fioroe»; il l'appelait ce (( menteur do Luther » (Enders, IV, Sy'i, n. (J ; ,^73, n. i); il lui rcprocliail son astuce et sa ruse (p. 37/1, n. 7). S. Lem- >iLS écrivait de lui :
Fraus soror est illi rapiturque per omaia secum.
(Qiierela ad Revv"""" principeni D. Albcrtum Eccl. liom. card. ;
dans M. Simonis Lemnii Epigrammalon libri 111, an. i538, f. l, 5).
Le jugement de ces deux hommes est plus que snllisamment
confirmé i^ar la conduite de Luther en i5/io, et pendant toute sa
lulle contre l'Eglise.
Les adversaires catholiques de Luther avaient encore plus le droit de lui faire des reproches de ce genre; et de fait, depuis l'origine de la Réforme, ils ne se sont pas lassés d'attirer l'attention sur ses ruses et ses mensonges.
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« la prolondeur et le sérieux du sentimenl » chez Luther '. Baler prétend qu'il était trop réfléchi pour se perdre en des badinages, (( qui à son âme sérieuse devaient sembler une profanation de ce qu'il y a de plus sacré -. » Assurément, il aurait dâ en être ainsi ! Mais il n'oi\ fut pas ainsi. Après le mariage de Luther ( lôa.j), Mélanchthon lui-même écrivait de lui qu'il était extrêmement léger, que lui Mélanchthon, et l'entourage de Luther avaient souvent désapprouvé ses bouffonneries -K
Avant sa lutte contre Rome, Luther se contenait toutefois sur ce point. Il en donna une jireuve en i5i6. Cette année-là sOn trop célèbre confrère Jean Laxg, d'Erfurt, lui envoya un billet avec une supplique feinte, jiour le pape ; on y déblatérait contre la formation et l'attitude des « sophistes )>, c'est-à-dire des théologiens « qui égaraient le peuple » ; on priait le pape d'agir contre eux, et entie autres mesures à prendre, on lui demandait de leur retirer saint Thomas et Duns Scot. A cette supplique bu rlesqvie était joint en forme de réponse un décret pontifical du même genre *. Luther ne fut pas du goût de Lang ; il trouva
1. KantsUutieii, philosophische Zeitschrift, herauujerjehen von H. V.viCHiNGER (1901), VI, 4.