‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 199 sur 290 · Voir Enders. II, /nj'i-'itp et Weim., VII, ii, 'ty · texte numérisé non relu

Voir Enders. II, /nj'i-'itp et Weim., VII, ii, 'ty

feignait l'humilité et la soumission K En i5iG, ce caractère se révélait déjà, alors que pour appuyer sa doctrine, au mot (( concupiscence » employé par saint Augustin, il substituait sciemment celui de « péché » ; il connaissait le passage, puisque précédemment, quand sa doctrine était encore catholique, il l'avait exactement cité ^.

Tout ce que Luther a fait en lô^o, il l'avait déjà fait dans son ouvrage sur les vœux monastiques ; on l'a vu par les chapitres qui précèdent et on le verra par ceux qui vont suivre. Il a cherché à tromper sur des textes de saint Bernard : il a faussé la nature des vœux et de la formule de profession ; il a fait des raisonnements captieux pour présenter sous un faux jour ce qui touche à la chasteté ; aux prêtres et aux religieux, il a donné des conseils de duplicité sur la manière d'interpréter leurs vœux. Tout cela venait d'un caractère déloyal, contre lequel, du moins depuis sa chute, il n'a jamais travaillé à réagir. Ce que son propre intérieur avait de mauvais, il l'attribuait à l'Eglise. Naturellement il en arriva à dire : contre la déloyauté et la perversité du pape ^, tout est permis, par con-

1. Sur cette lettre de soumission, voir N. Pallls dans le KalhoUk, 1899, I, /I76 et suiv. (contre Brieger, qui, du reste, a trouvé' la vraie date).

2. Il en sera question plus longuement dans la seconde partie.

3. Enders, II, Z|6i. L'éditeur, ainsi du reste que d'autres écrivains protestants, accuse les catholiques de s'être g-rossièrement mépris sur ce passage « si bien que le sens en a été complètement retourné. » Mais à leur tour, ils l'ont tout aussi peu compris. Pour Luther, le pape, et en général l'Eglise catholique, s'identifient avec la perversité et le mensonge : « Toute la papauté est enfoncée dans l'enfer et est condamnée à l'enfer. » {0pp. cxecjel, t. V,

séqucnt même im bon et fort mensonge ; car, si, comme nons le lui avons entendu dire, ce mensonge était permis pour le bien de son Eglise, c'était surtout contre « la partie adverse ». Mais de quoi n'est pas capable un homme à qui sa conscience permet des mensonges nécessaires, des mensonges utiles, des mensonges secourables ? Ces armes seront ses meilleurs moyens de défense contre ses ennemis. C'est d'elles que se sont toujours servis et que se servent encore les religieux tombés et autres apostats, car « parmi les armes de prédilection du démon se trouve le mensonge, qu'il couvre des noms sacrés de Dieu, du Christ et de l'Eglise, avec lequel il veut anéantir la vérité, et la faire prendre pour le mensonge. » Ce sont les paroles mêmes de Luther '.

Personne ne s'étonnera donc qu'à propos de l'affaire Pack, le duc Georges de Saxe ait appelé Luther « le plus froid nienteiir qu'il ait jamais connu » (19 déc. i528)^. u Nous sommes obligé de dire et d'écrire de lui que ce moine apostat nous ment en face comme un damné scélérat, déshonnèle et parjure. » « Jusqu'à présent, nous n'avons pas vu dans l'Ecriture que le Christ ait donné une mission d'apôtre à un homme qui ment avec tant d'audace et de préméditation, et qu'il se soit servi

3ii). Pour Luther donc, c'était tout un de dire : ((Contre la papauté», ou : ((Contre l'infamie de la papauté, tout est permis. »

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