Serino de diucrsis, 33, n
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le but qui n'est autre que d" « aimer Dieu sansmesure '. »
L'on peut consulter n'importe quel auteur de celle époque qui a traité cette matière ; il nous dira que la perfection consiste dans l'amour de Dieu et du prochain -, et que par cet amour on arrive à ressembler à Dieu. C'est cet amour qui est le signe de la perfection, et le plus grand des biens que l'on puisse posséder. La sainteté est très variée, mais jamais on n'y parvient sans le sang du Christ •^.
C'est cette diversité qui poussait saint Augustin à aller voir le serviteur de Dieu, Simplicien, pour lui demander comment il devait marcher dans Is voie de Dieu, puis([u'il remarquait que l'un y allait d'une façon et l'autre, d'une autre ^.
La variété dans l'effort vers un but unique, vers la perfection et la sainteté, se révèle très distinctement en deux saintes veuves qui vécurent à la fin de la période dont nous nous occupons en ce moment. Sainte Elisabeth de Thuringe voulait entrer dans un monastère et
I. De diligendo Deo, c. G (Migne, Pair. L, t. 182, col. 988).
■2. Par ex. Bhuno dAsti, abbé du Mont Cassin (ii23) (Migne, Pair. L, l. lO'i, col. .ji")); Rkjuaud de S. A'ictor (uy'î) (Migne, Patr. /., t. 19O, col. 171).
3. Cl'r. RupEiiT DE Deuïz, dans Migne, Patr. L, t. 170, c. 3i3; t. 1G9, c. 867; t. 1G8, c. i3GG.
i\. Confcss. 1. 8, n. 1, 2. Apres avoir exposé ses troubles intérieurs d'alors et rappelé qu'il voulait se rendre près du serviteur de Dieu Simplicien, Augustin en donne la raison : « Undc milii \it proferrct volebani conferenti secum îcstus meos, qiiis csset aptus modus sic affecto, ut ego eram, ad ambulandum in via tua (i. c. Del). Vldebam enini plenaui ecclcsiam, et alius sic ibat, alius autcm sic ».
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suivre le Christ dans la pauvreté, en renonçant même à ses richesses; elle en fut empêchée par son directeur spirituel, Conrad de Marbourg. Sainte Hedwige, au contraire, qui cependant portait l'habit gris des religieuses, ne voulut jamais consentir, malgré les exhortations de sa fille, l'abbcsse Gertrude, à entrer comme religieuse dans la communauté. « Ne sais-tu pas, mon enfant, lui disait-elle, combien il est méritoire de faire l'aumône ' ? » L'une comme l'autre, Elisabeth et Iled- Avige, visaient à la perfection de l'amour de Dieu ; cet amour était l'idéal de leur vie ; mais pour l'atteindre, elles ne voulaient pas suivre la même voie. Et pourtant, sur le point essentiel, le don complet et intime d'elles-mêmes à Dieu, elles s'accordaient parfaitement. Les affirmations et les reproches de Luther, que j'ai rapportés plus haut ne trouvent donc à cette époque aucun point d'appui ; lui-même, du reste, a plutôt en vue la période suivante. Passons-y donc, pour nous en occuper plus longuement.
I. ^^lc^\EI,, Geschichtc dea cleiitschen Volkes voni drei:ekiiten Jahrii. bis ciiin Ausgang des Mittelalters, II (1899), p. 21g, 23i-23'i.