DAVID D ALGSBOLUG ET L IDEAL DE LA VIE SOQ
nous il aiiiR'S plus que toutes ses autres créatures K » Il u"v a donc qu'an seul idéal de vie, l'amour de Dieu. Mais alors, quel est le r(Mc des conseils? D'après David, celui qui les observe ne va pas au-delà de l'accomplissement du précepte de l'amour de Dieu et du prochain ; car c'est précisément l'amour de Dieu qui pousse le bon religieux à rechercher avec d'autant plus de zèle tout ce qui est de Dieu. C'est à quoi lui servent les conseils : en les suivant, il veut imiter et suivre plus parfaitement le Christ, Maître de toute justice -.
1. Onv. cili'. p. o'i : k Primo sciiiper tlcljcs coiisidcrare al qnid veiicris ad ri'ligioiicin, cl. propier (piid vencvis, proptcr qnid ciiiin i'(';i/.s/( ■' Noiiiio soliuniiHitlo proplcr Deiini, ut ipsc llerct inercos lahoris tui iii vila iPicniaP Siciit er^-o proptcr nulliim aliuin vcnisti, ita proptcr iiiilliuu aliiim tlclics omiltcrc honiuii, ncc cxcmiilo aiicMJiis tcpcsccrc, qiiiu stiulcas ad id, ad qaod vcnisii : A'cnisli cniin ad servi tulciu Doi, oui scrvire dcbnt omuis crcatnra i|isius, rpiia niliil liahcl iiisi al) ipso ; et idco dclics ci dare totuiii, (pind es et (iiiod scis et piiles. Et si ninnia serviunt creatori suo |)ro omiii posse suo, niiilio niaiiis Iioiuo tenetur ci scrvire, qucui uou soluni crcavit siciit cetera, scd iusuper intellcctu deroravit, lijjcro arl)itrio iioliilitavit, niuudi domiunm constit\iit, silji simileui fecit, natiiratn cjus assiuiisit, \erl)o et excmplo proprio eam instruxit, proprio sanguine suo de morte alterna redeuiit, Spirilum Sanctum ci infudit, carnem suani ci in cil^uin tradidit, curaiu ejus haljct sicut mater parvuli filii sui, et leternam liereditatcm ei dare disposuit. Ece, quantum nos tencmur servira Dec pracclcris crealiu'is et tliiigerc super omnia eiuii, qui nos . prie omnibus creaturis amavit».
2. Ibid., p. 1121) : ((Caritatis I)ei seeiuidus gradus poiesl esse, cum homo volunlalc pleniori et afl'ectu t'ervenliori uou soluui comnuuiia contentus est pra:'cepta servare... sed ctiani ad omnia fyiiiT Dt'i stni/ stuiliosus est et voluntarius... Hoc propric est relil^iosoruui bonorum, qui non solum pripcepta Dei, sed etiam consilia ipsius implcre et ipsum specialitcr, imila:ido sequi ddiberaiit oinnis jatttiti.T doctorein Duininnin Ji'siiin Christuiii ». \"oir sur ce point MiciiAEL, IH, iSy-.ioS.
Lorsque, dans leurs Oiiolihela ou Mélanges, les ennemis des ordres mendiants dans la seconde moitié du xiii^ siècle, les prêtres séculiers el professeurs de l'Université de Paris Geoffroy de Fontaines et Henri DE Gand parlent des rapports des conseils avec les préceptes, il est clair qu'à l'endroit de ces conseils ils ne doivent pas nous donner des idées bien enthousiastes, et que pour eux le religieux n'est pas le chrétien par excellence. Mais, en outre, ils nous apportent le témoignage que ce n'était pas là non plus la pensée des docteurs appartenant aux ordres religieux. Sur le point essentiel, ils parlent comme saint Thomas : pour eux aussi, les conseils ne sont que des inslrumenls plus propres à faire atteindre la perfection de la charité, perfection (jui est la même pour tous, et dans laquelle, par conséquent, l'on ne distingue pas divers étals 1.
Henri de Gand, le maître de Geoffroy, s'exprime très clairement sur ce point. Son idée fondamentale est entièrement celle de saint Thomas. Autre chose, dit-il. est (I l'état ». autre chose a la perfection » et autre chose n l'état de perfection )>. u L'état » est un
1. Ainsi Geoffroy de Fontaines dans son Quoi. 12"" (.l/s. B«/glirs. 121, fol. i,'40, de la hihl. Vatic): « Quantum ad ea, quîp pcr se cl esscnlialiler ad j)crfcctioncni pertinent, non potesl ])oni difTcrenlia intcr status, nec unus alio perfoctior est. Scd quia aliqua suut inslrumcntnlitcr cl di.'<fjositivr facientia ad perfectinnem, in <|nil)us mapna divcrsitas in\enilur, ille status i)otestdici perfcctior {piantum ad talia. f|ni includit liujusmodi instrumenla in(H]i-< coiirjriwnlia ad /ioo, quod per ea mcliiis in hiis, in (juibus perfectio per se consistit, possit se ali((uis exercere et gradum perlectiorem attingerc». Tels sont précisément les ordres, parce qu'ils pratiquent les conseils. Voir plus bas, ch. IX, § 2, p. 821 et suiv.
GEOFFROY DE FO?iT VINES, IIENKI DE GAND 3,0 1
genre de vie dans lequel on veut demeurer et passer sa vie, ou du moins c'est ce à quoi l'on s'oblige. En se référant à saint Grégoire il voit la (( perfection d dans la charité : suivant qu'on la possède plus ou moins, l'on est plus ou moins parfait, car, comme le dit l'apnlre, elle est le lien de la perfection ; elle est la forme des vertus. En s'appuyant sur Cassien, il nomme tous les actes des autres vertus des instruments de perfection. (( L'état de perfection » ne signifie pas la suprême perfection d'une chose dans sa plénitude, mais un genre de vie fixe et permanent, dans lequel on peut facilement acquérir le plus haut degré de perfection qu'il soit possible d'atteindre ici-bas, ou s'y exercer une fois qu'on le possède. A cette fin, il faut que ce genre de vie soit pourvu de moyens propres à acquérir ou à pratiquer cette perfection. Les religieux sont dans l'état de la perfection à acquérir^ ; les évèques, dans l'état de la perfection à pratiquer-, et d'après Henri de Gand, ceux-là aussi qui ont charge d'âmes. Nous n'avons pas à nous occuper de ces deux dernières catégories, mais seulement des religieux.
Dans l'état de la perfection à acquérii-, continue Henri, certains moyens sont essentiels pour arriver à la perfection ; d'autres, accessoires-^. Les moyens essentiels sont les trois vœux ; tous les autres sont accessoires, et c'est pourquoi ils varient selon les divers ordres religieux. Parmi ces moyens non essentiels, il y en a qui consistent dans l'éloignemenl de ce qui empêche