‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 260 sur 290 · Cor · texte numérisé non relu

Cor

li. Gen., 2, 18.

3'|^ MÉL\>CnTHON ET LA CONFESSION D ALGSBOURG

Quelle jonglerie avec l'Ecriture sainte dans une confession de foi ! Voilà donc le mariage prescrit à tout le monde, le célibat universellement prohibé! C'est aussi le sens de la conclusion du même écrit : « Ils ne pèchent donc pas ceux qui obéissent à ce précepte, à cet ordre établi par Dieu (que les moines et les prêtres se marient). Que pourrait-on opposer à ces considérations .' Qu'on exalte le vœu autant qu'on le voudra, et le devoir d'y être fidèle ; qu'on le pare du mieux qu'on pourra, l'on ne saura pourtant jamais en arriver à abolir le précepte de Dieu ' >). C'est une honte et une indignité que cette Confession renferme de tels paralogisuies, do tels sophismes. de telles astuces, de tels travestissements de l'Ecriture. On se borne à y éblouir les lerleurs, « les croyants ». Et c'est pourtant là que, jusqu'aujourd'hui, pasteurs et théologiens protestants sont allés puiser leur conception de la doctrine catholique !

Dans tout cet article XXVll, Mélanchthon ne se contente pas d'entasser sophismes sur sophismes au sujet des vœux monastiques ; sur les traces de son maître, lui non plus il ne recule pas devant le men.sorjge : « Jl est certain, dit-il, que d'après la doctrine des moines, les Ordres suffisent à ell'acer les péchés, qu'ils méritent la grâce el la justification. Qu'est cela, sinon diminuer

1. P. 17.S, 1-5 ; i7'i. 17G. Voir aussi Ibid., c. 33, p. laf)-, Luther: AVeim. XII. 233-23'i. La référence à la Genèse, c. 2, v. 18 ne mérite qu"nn haussement d'épa\iles. Le passage de la I" Epitre anv Corinthiens. 7, 2, contient un avis auv personnes mariérs de recourir à l'usage légitime du mariage, pour écliappcr au danger de l'incontinence. \'oir Cornely, Conini. in /ir. cnist. ad Corintli.. p. i(J4 et suiv.

SUR l'État religieux 34->

la gloire du Christ, obscurcir et nier la justice qiii vient de la foi ? // s'ensuit que ces vœux sont un culte impie, et par conséquent qu'ils sont nuls. Car un vœu impie, fait contre les préceptes de Dieu, n'est pas valide, puisqu'il ne saurait y avoir de vœu pour obliger à l'impiété, etc. ' ». Ainsi donc, dans la Conjession, voilà un mensonge cchafaudé sur un autre mensonge ; puis l'on tire la conclusion désirée ! Ces mêmes mensonges sont ensuite repris sous diverses formes. Souvent Mélanchthon blâme chez les moines ce qu'il ne comprend pas ; ainsi il les accuse d'avoir fait de leurs Ordres un état de perfection. La conclusion qu'il tire montre clairement qu'il ignorait la signification de cette expression : a N'est-ce pas là, dit-il. attribuer aux o'uvres la puissance de justifier - o. Oh! belle naïveté de l'ignorance 1 Mais ce n'est pas encore assez. Dans le texte latin de la Confession on lit du moins : « Ils disent que les ordres religieux sont un état de perfection chrétienne-^ n. Mais dans le texte allemand en usage * jusqu'ici parmi les protestants, on lit : « Ils disent que les prétendus états ou ordres religieux sont la perfection chrétieniw ^ 1). \ins\, d'après la doctrine des moines,

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