‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 282 sur 290 · LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

LES JÉSUITES

au monde que, comme nous le verrons bientôt, Harnack reconnaît chez eux*, ils n'en ont pas moins mis la diplomatie à la place de la vraie piété et de la discipline morale ! Harnack n'a pas conscience des méprises bizarres où il tombe, faute de commencer par voir la force des mots qu'il emploie. Assurément, « ascétisme » et « discipline morale « sont deux mots différents ; toutefois, l'ascétisme chrétien, qui, comme on le sait, se fonde sur des motifs surnaturels, renferme en soi la discipline morale, qui se fonde sur le droit naturel. L'ascétisme est une discipline religieuse qui aide à la vraie piété et qui l'alimente. 11 n'est besoin que d'avoir le sens droit pour voir immédiatement les contradictions que renferment les phrases de Harnack ; car, si au-dessous des mots qu'il emploie, on met ce qu'ils veulent dire, on en arrive à cette conclusion : « L'ascélisme, qui renferme la discipline morale, qui aide à la vraie piété, et qui l'alimente, cet ascétisme, ainsi que le renoncement au monde, se trouvent chez les jésuites : mais chez ces mêmes jésuites, la diplomatie et la mystique sensuelle se sont introduites à la place de la vraie piété et de la discipline morale !"»

Mais nous ne savons pas encore en quoi le nouvel état monastique inventé par Harnack diffère du précédent : (' Dans l'ordre des jésuites », dit-il, « ascétisme et fuite du monde ne sont que des moyens en vue d'un but - ». Quel but ? Pour Harnack, quel est l'idéal, quel est le but de l'ordre des jésuites ? C'est un idéal potilitjue, un but ])olili(jue : (( Le détachement du

I. Ihid., p. 5-, et. ci-dessous, p. 377-878. a. Ibid., p. 57.

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