XLIV PREFACE DE L\ SECONDE EDITION
rience, vieille comme le monde, et qui restera vraie jusqu'à la fin du monde : à savoir que. selon le cours naturel des choses, habiter avec une femme, c'est pour un homme qui n'est pas marié mettre à côté l'un de l'autre le feu et la paille, et pourtant vouloir qu'ils ne brûlent pas. Or, qui donc s'exprime ainsi ? Ecoulezmoi bien, cher Monsieur : c'est votre Père Lutheu, dans son écrit de lâao A la noblesse chrétienne. Il y dit que parce qu'un curé est obligé d'avoir une gouvernante pour sa maison, il doit se marier. Pour motiver son opinion, il ajoute : « Mettre un homme et une femme l'un à côté de l'autre et pourtant leur défendre de tomber », cela s'appelle « mettre ensemble du feu et de la paille, et leur défendre de fumer ni débrider^. Si donc, selon l'interprétation que donne Kolde du passage ci-dessus, saint Bernard (( ne voit dans la femme que le véhicule de l'incontinence quand elle ne veut pas être protégée par le cloître et consacrée à DieiJ, )) Kolde devra me concéder que lui aussi Luther voit dans la femme le même danger pour l'homme, si l'homme ne se marie pas avec elle. Peu importe, d'ailleurs, le rapport qu'il y a entre la supposition de Luther et celle que Kolde attribue à saint Bernard; contre Kolde, une chose reste vraie, c'est que, dans le passage cité, saint Bernard attire seulement l'attention sur le danger que la cohabitation irrégulière de l'homme avec la femme apporte de par soi à l'un et à l'autre. Du « mépris du moyen âge pour la femme »,. que Kolde alTirme, et contre lequel il s'élève, il n'y a pas là le moindre mot. S'il fallait nécessairement voir là du mépris, on en trouverait, chez Luther comme chez saint Bernard, plutôt à l'endroit de l'homme