Erl., 3, i/|i
G. Erl., 23, iG3-i(3'i ; de i53o, par conséquent de l'époque où l'on rédigeait la confession d'Augsbourg.
Ce n'était pas seulement Erasme, Pirkheimer ', Luther, c'étaient d'autres encore qui portaient des appréciations de ce genre; et eux non plus, ce n'était pas davantage la passion qui les faisait parler ainsi. Henri de Rettenbach, franciscain apostat et grand tapageur, disait en chaire, en i535 : « Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui agissent comme si tous les péchés, toutes les iniquités étaient permises ; comme s'il n'y avait ni enfer, ni diable, ni Dieu ; ils sont plus mauvais qu'auparavant, et, pourtant, ils prétendent être de bons évangéliques-. » Un autre franciscain apostat, Eberlin de Gunzbourg, écrivait, lui aussi, que depuis qu'ils étaient délivrés du pape les évangéliques vivaient dans une ivrognerie continuelle : u Ils devenaient deux fois plus mauvais que les papistes, plus mauvais que ïyr, que Sidon et que Sodome même ^ ». Si, de l'aveu de Luther lui-même et des siens, la situation morale du luthéranisme était de beaucoup inférieure à l'état d'autrefois, on en arrive à cette conclusion que plus on peindra en noir l'époque antérieure à Lvilher, d'autant plus aussi noircira-t-on le luthéranisme lui-même.
De fait, la situation était telle que, dès 1627, Luther se prenait à douter qu'il eût jamais rien entrepris s'il