‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 83 sur 290 · Erl., jo · texte numérisé non relu

Erl., jo

qu'on n'y peut garder toujours ; il faudra nous en chasser, et une fois de plus nous perdrons l'Evangile et la liberté 1. » Dès lors, rien d'étonnant que le Réformateur déplorât d'être né Allemand et qu'il fit entendre cette lamentation : « Si l'on voulait maintenant peindre l'Allemagne, il faudrait la représenter sous les traits d'une truie-. » Lui-même, il a donc senti le mal, et si la partie la meilleure de lui-même, malheureusement trop faible, avait pris le dessus, il aurait (( conseillé de retourner au papisme avec toutes ses abominations, et il y aurait donné les mains ^ ». Dans sa propi'e vie, il a pu faire l'expérience de ce qu'il avait dit un jour : « Quand les grands et les meilleurs se mettent à tomber, ils deviennent les plus mauvais *. » De fait, Luther n'avait pas toujours été ainsi. Non seulement il était bien doué, à certains points de vue fort bien doué, mais encore il fut un temps ovi il eut à cœur le renouvellement moral de l'Eglise ; il appartenait alors au parti de la réforme, encore que ce ne fût pas au même degré que Gerson cent ans auparavant. Il avait donc été dans le courant opposé à celui auquel il était maintenant en train d'imprimer une direction définitive. Comme beaucoup de ses con-

I. Erl., /|8, 38fj. Il en disait à peu près autant dès 1029 : « Personne ne craint Dieu, tout respire la licence... Chacun vit à sa guise, emm... et trompe les autres », etc.. Ed., 36, 3oo.

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