‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 84 sur 290 · BUT ET PLAN DE L OUVRAGE · texte numérisé non relu

BUT ET PLAN DE L OUVRAGE

temporains. il avait vécu en bon religieux ou tout au moins il avait montré de la gravité dans sa vie. 11 est certain qu'alors il déplorait le mouvement de la décadence, qu'il prêchait à l'encontre, et que, pour employer sa langue, il ne se mettait pas « de feuille devant le museau ^ ». Dans cette période de sa vie, Luther a été le dernier qui — pour me servir encore de l'une de ses expressions — « se soit laissé croître une toile d'araignée sur le museau - ». Quand il était dans ce courant de la vraie réforme, il n'épargnait personne, grand ou petit. Comment donc a-t-il abouti au courant opposé ? Comment en est-il arrivé à être le véritable inspirateur, l'âme dirigeante dans le bras le plus souillé de ce courant ') C'est la solution de ce problème que fournira le présent ouvrage ; ce que je viens de dire y sera expliqué, prouvé et mis en pleine lumière.

Comme on peut le voir par ce qui précède, ce que j'ai d'abord rencontré dans mes recherches, ce n'est pas Luther avec sa physionomie individuelle, dans sa personnalité elle-même, c'est le mouvement qui de Luther a pris le nom de Luthéranisme. Ce point

I. Erl., t\?>, g et souvent ailleurs. — C'est-à-dire : « 11 ne mâchait pas ses mots; — il n'y allait pas par quatre chemins. » — Ce proverbe doit l'aire allusion à (ien. III, 7, où l'on voit qu'Adam et Eve se firent des ceintures de feuilles de figuier. — Mais d'ordinaire, c'est le mot bouche que l'on emploie. (N. d. T.)

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