‹ Luther et le Luthéranisme (volume 3)Chapitre 85 sur 290 · Ed., Z · texte numérisé non relu

Ed., Z

de vue est en parfaite correspondance avec l'objet jîreinier de mes recherches ; parlant de la décadence d'une partie du clergé séculier et régulier au xv« siècle, elles demandaient à suivre cette décadence jusqu'à son point final. Arrivé là, une question se posait tout naturellement : En quel point s'étaient rencontrés Luther et le courant qui faisait l'olijet de mes recherches ? Cette question se présenta à moi beaucoup plus tôt que l'autre, celle qui regarde le développement individuel de Luther, développement auquel, dans le principe, je n'avais pas du tout pensé. Mais Luther une fois rencontré au milieu de cette société, dans les années qui vont de 1620 à i53o, je ne pouvais plus l'éviter ; j'entrepris donc de l'étudier lui-même, mais de l'étudier en partant de cette époque pour remonter dans sa vie, jusqu'à ses premières années d'étudiant et de professeur. Alors seulement, afin de contrôler mes conclusions, j'ai fait le chemin en sens inverse, et j'ai suivi Luther année par année au cours de son évolution.

Je me suis spécialement appliqué à déterminer le point (le vue auquel on doit se placer pour comprendre Luther ; j'ai recherché ce qui peu à peu la poussé vers le courant de la décadence pour faire de lui finalement le créateur et le porte-parole de la société qui incarnait la plénitude de cette décadence.

En procédant ainsi, je puis au moins compter sur l'approbation de cette école moderne qui relègue l'indi-

BUT ET PLAN DE l'oUVRAGE [\()

vidu à l'arrière-plan, et donne la première place aux tendances sociales du milieu, dont, pour elle, les individus sont les rcprcsenlanls et les symptômes. Ce milieu dans lequel Luther finit par se trouver, n'est pas uniquement son œuvre : de son côté, ce milieu a eu une action sur lui.

Pour l'étude de Luther, mes sources ont été uniquement les œuvres de Luther ; je ne me suis inspiré d'aucun des ouvrages qui traitent de sa vie et de ses œuvres ; je ne les ai consultés que lorsque mes conclusions étaient définitivement fixées.

Le plan de l'œuvre avait paru obscur à quelques lecteurs de la première édition : je l'ai expliqué cidessus, dans la préface de cette seconde édition.

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